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HMD tourne la page américaine sans faire de bruit

Le constructeur finlandais HMD qui a relancé les téléphones Nokia interrompt ses ventes aux États-Unis en toute discrétion. En cause, le contexte économique tendu, les barrières douanières imposées par Trump, et une stratégie qui regarde désormais ailleurs.

La décision est passée presque inaperçue. HMD, l’entreprise finlandaise qui exploite la marque Nokia pour ses téléphones mobiles, a cessé de vendre ses appareils aux États-Unis. La version américaine de son site web reste en ligne, mais les boutons « Where to Buy » ne fonctionnent plus et aucune commande n’est possible. Quelques modèles restent disponibles sur Amazon, mais les stocks sont limités. Une fois écoulés, il sera vraisemblablement impossible de se procurer un téléphone HMD ou Nokia outre-Atlantique.

HMD ferme sa boutique US

Dans un communiqué, le groupe évoque un « environnement géopolitique et économique difficile », sans nommer explicitement les tarifs douaniers mis en place sous l’administration Trump. Mais le sous-texte est limpide : ces barrières commerciales ont visiblement eu raison des ambitions de la marque aux États-Unis.

« Après mûre réflexion, nous avons pris la décision de réduire nos activités aux États-Unis », confirme HMD, tout en assurant que le service après-vente, notamment les garanties, restera assuré via ses équipes internationales. Les salariés américains seraient également accompagnés durant cette transition, même si la société n’a donné aucune précision sur d’éventuels licenciements.

Créée en 2016, HMD Global avait racheté à Microsoft la branche « feature phones » de Nokia, ces téléphones classiques encore très populaires sur certains marchés. Elle avait aussi obtenu une licence pour exploiter la marque sur des smartphones et tablettes d’entrée et milieu de gamme. Pendant plusieurs années, HMD a capitalisé sur la nostalgie et le design de plusieurs téléphones iconiques de Nokia, en rééditant le 3310, puis plus récemment le 3210.

Mais depuis l’an dernier, la marque cherche à se distinguer avec des smartphones sous sa propre identité. Quelques modèles ont vu le jour, comme le HMD Fusion ou le Skyline, un appareil réparable qui est doté de la recharge sans fil Qi2 — toujours une rareté sur le marché. Ces produits n’ont pas trouvé leur public aux États-Unis, où seuls quatre modèles signés HMD ont été commercialisés. Aucun n’a été lancé depuis septembre 2024.

Ce retrait partiel semble donc marquer la fin d’une tentative de percée timide sur le marché nord-américain. L’Europe, l’Afrique et certaines régions d’Asie devraient rester les principaux terrains de jeu de l’entreprise, notamment sur des segments comme les familles, les solutions sécurisées et le microfinancement.

HMD n’est pas la seule entreprise étrangère à revoir sa stratégie face à l’instabilité du marché américain. Le contexte politique, les taxes à l’importation et une concurrence féroce compliquent l’implantation des marques non américaines. Pour HMD, ce retrait semble logique : malgré quelques initiatives qui ont marqué les esprits (comme un téléphone Barbie à clapet ou le minimaliste Boring Phone co-brandé avec… Heineken), le succès commercial n’a pas été au rendez-vous.

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Source : The Verge

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