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Spotify diffuse des chansons générées par IA… sur des pages officielles d’artistes morts

On ne l’avait pas vue venir.

Alors que Spotify assume son intérêt grandissant pour l’intelligence artificielle, expérimentant (entre autres) les livres audio lus par IA sur sa plateforme, l’entreprise se retrouve au centre d’une polémique inédite : la publication de chansons générées par IA sur les profils officiels d’artistes décédés, à l’insu de leurs ayants droit.

Scandale autour de Blaze Foley

En juillet 2025, un morceau intitulé Together, attribué au chanteur country Blaze Foley fait son apparition sur sa page Spotify. Rien dans le titre — ni la voix, ni l’arrangement, ni même l’illustration générée par IA — ne rappelle l’univers singulier de l’artiste. Et pour cause, l’artiste est décédé en 1989, et ce titre n’a rien d’un morceau découvert à titre posthume. Il s’agit d’une production algorithmique, publiée sans validation, sur la page officielle de l’artiste.

Face à l’émoi, Spotify retire précipitamment la piste, invoquant une violation de sa politique sur les contenus trompeurs et attribue la faute au distributeur à l’origine de la diffusion, SoundOn. Le service de distribution musicale de TikTok permettrait permet à n’importe quel contenu — même généré par IA — d’apparaître sur les pages d’artistes reconnus sans validation préalable des ayants droit. Officiellement, la situation a été rendue possible à cause d’une faille. Pourtant, Foley ne serait pas un cas isolé. Une autre chanson créée par intelligence artificielle, cette fois-ci liée à Guy Clark (décédé en 2016), a été diffusée selon le même procédé. Tous les morceaux concernés mentionnent un énigmatique titulaire des droits nommé Syntax Error, sans qu’aucun lien officiel ne soit établi avec les artistes ou leurs héritiers.

Les artistes morts ont (encore) des droits

La publication de ces “titres” pose une question juridique cruciale. Les œuvres musicales de Blaze Foley, créées après 1978, bénéficient toujours d’une protection par le droit d’auteur : la loi garantit leur exclusivité pendant toute la vie de l’auteur, puis 70 ans après sa mort. Dans le cas de Foley, décédé en 1989, ses enregistrements restent donc couverts ; toute utilisation ou diffusion sans autorisation expose les intervenants à des poursuites et à des mesures de retrait.

En théorie seulement. Dans la pratique, et même si cela reste parfaitement illégal, il devient de plus en plus complexe de protéger des œuvres, surtout lorsque l’artiste n’est plus là pour faire valoir ses droits. Sur Spotify, le groupe Velvet Sundown a récemment révélé qu’il s’agissait en réalité d’une création entièrement générée par intelligence artificielle. L’année précédente, la plateforme avait déjà été envahie par une profusion de chansons de Noël produites par des IA.

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