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Internet par satellite : Amazon obtient son ticket d’entrée pour défier Starlink en France

La domination de Starlink en France est sur le point d’être bousculée. Ce 21 juillet, l’Arcep, le régulateur des télécoms, a officiellement ouvert la porte à son plus grand rival : Kuiper, le projet pharaonique d’internet par satellite d’Amazon.

Amazon a désormais le droit d’opérer dans l’Hexagone, une décision qui promet de redessiner le paysage de la connexion haut débit venue de l’espace. Dans une décision publiée ce 21 juillet, l’Arcep, le gendarme des télécoms, a donné son feu vert à la firme de Seattle pour l’exploitation de son service d’accès à internet par satellite, Kuiper. Une autorisation qui positionne le géant de l’e-commerce comme l’alternative la plus sérieuse au quasi-monopole exercé jusqu’ici par le service Starlink d’Elon Musk.

Une autorisation, mais pas un lancement immédiat

Alors, qu’est-ce que ça change ? Pour les dix prochaines années, Amazon a le droit d’utiliser les fréquences radio essentielles pour faire dialoguer ses 3 236 futurs satellites avec les antennes au sol. Cette autorisation n’est pas une surprise ; elle conclut une consultation publique lancée l’hiver dernier où les acteurs du secteur ont pu s’exprimer.

Mais ne vous précipitez pas pour vous abonner. La révolution n’est pas pour demain. Si le projet Kuiper est colossal, avec plus de 10 milliards de dollars sur la table, il part de loin. Seule une poignée de satellites est actuellement en orbite, une goutte d’eau. Amazon reste prudent et vise un lancement commercial d’ici la fin 2025, sans un mot pour l’instant sur le prix de l’abonnement.

Amazon Kuiper Projet
L’une des antennes du projet Kuiper d’Amazon. © Amazon

La guerre des étoiles aura bien lieu

Il faut dire que le défi est de taille. Starlink, le service d’Elon Musk, est une réalité bien installée avec des milliers de satellites et des millions de clients. Comment Kuiper compte-t-il s’imposer ? D’abord, par la puissance de feu financière d’Amazon et l’expertise de sa branche spatiale, Blue Origin. Ensuite, par une offre technique agressive.

Amazon attaque frontalement son rival avec une promesse de 400 Mb/s via un terminal à moins de 400 dollars. La firme pourra également sur la diversité de ses antennes : une version ultra-portable de 450 grammes pour les nomades (jusqu’à 100 Mb/s) et une autre, bien plus imposante, capable d’atteindre 1 Gb/s pour les entreprises. Une stratégie claire pour séduire tous les publics, du randonneur au grand groupe.

Pour les utilisateurs, l’arrivée de ce nouveau poids lourd est une excellente nouvelle. Plus de concurrence signifie presque toujours de meilleurs services et des prix tirés vers le bas. Reste pour Amazon à transformer l’essai. Le défi n’est plus réglementaire, mais bien industriel et logistique : il faut maintenant lancer des centaines de fusées et prouver que la technologie tient ses promesses. La course à l’internet des étoiles ne fait que commencer.

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