Le 4 août dernier, Altice France a été autorisé — dans le cadre de son plan de restructuration — à vendre SFR et sa marque RED. Le groupe accuse une dette estimée à 24 milliards d’euros et pourrait vouloir se séparer de l’entreprise au carré rouge pour se refaire une santé.
Selon Le Figaro, les négociations auraient commencé avec Bouygues Telecom, Orange et Free. Si rien n’est acté ou confirmé pour le moment, les clients de l’opérateur français craignent de voir le prix de leur abonnement grimper en flèche si cette transaction avait lieu. Mais faut-il vraiment s’inquiéter ?
SFR racheté par des acteurs français ?
Plusieurs cas de figure sont envisagés pour cet éventuelle vente, l’un d’eux implique évidemment un rachat par les principaux rivaux de SFR sur le marché français. La fermeture des lignes paraît plus qu’improbable.
Free se serait déjà montré intéressé par la filiale low cost RED. Si le groupe de Xavier Niel se porte acquéreur, autant qu’un autre acteur français, les abonnements ne seront pas purement et simplement annulés et plusieurs options s’offriront aux clients. Dans cette éventualité, les clients pourront conserver leurs formules si les prix n’évoluent pas.
En revanche, si la facture venait à augmenter, la législation française autorise les clients à résilier sans frais pour se tourner vers d’autres opérateurs. Cela vaut évidemment pour les formules avec engagement.
Dans tous les cas, les utilisateurs seront informés d’un changement de propriétaire ainsi que de la marche à suivre via une communication officielle. Concrètement, les clients devront accepter ou refuser les nouvelles conditions selon Marie- Amandine Stévenin, de l’association UFC Que Choisir et interrogée par La Dépêche. Elle appelle tout de même à la précaution puisqu’une fois les nouvelles conditions de l’offre acceptées, “ce droit (à la résiliation sans frais) disparaît”. Cela vaut aussi dans le cadre d’un rachat par un acteur étranger.
Un marché bouleversé
La perspective d’un rachat de SFR inquiète au delà d’une simple hausse des prix chez SFR. Comme le souligne Olivier Gayraud (juriste et membre de l’association nationales des consommateurs et usager) à BFM TV, la concurrence en France pourrait en prendre un coup. Un acteur de moins dans l’Hexagone et une bataille des prix moins intensive, Gayraud craint que les prix deviennent moins attractifs.
“Si on regarde dans le passé, on s’aperçoit que la concurrence est vraiment dynamique et bénéfique pour le consommateur depuis que nous sommes à quatre opérateurs. Repasser à trois est une grosse crainte que la guerre des prix se calme”.
Pour Renaud Kayanakis, spécialiste des télécoms, la présence de Free continuera tout de même à imposer une pression aux différents acteurs du secteur. La firme de Xavier Niel ayant toujours “eu cette politique du prix bas”, une hausse généralisée des prix n’est selon lui pas à redouter.
Les prochains mois promettent d’être décisifs pour le secteur des télécoms. Orange, Free et Bouygues de leur côté, espère que la disparition de SFR ne leur permette d’augmenter leur rentabilité. Rappelons qu’ils viennent d’essuyer une lourde défaite concernant le projet d’une redevance pour l’usage des réseaux internet à haut débit par les géants du streaming.
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