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Avec Critterz, OpenAI prépare son premier film d’animation pour le cinéma

Critterz ne sera pas un film d’animation comme un autre. OpenAI est en effet partie prenante avec plusieurs studios traditionnels, en leur fournissant ses outils d’IA générative. L’objectif est de montrer que cette technologie peut réduire les coûts de production… au détriment des emplois ?

OpenAI passe à l’épreuve du feu : après avoir multiplié les démonstrations techniques, l’entreprise veut montrer que ses modèles peuvent réellement transformer la production audiovisuelle, au grand dam des artisans du secteur. La start-up soutient la réalisation de Critterz, un long-métrage d’animation dont la sortie en salles est prévue l’an prochain. Le projet est porté par Chad Nelson, un créatif d’OpenAI, qui avait imaginé il y a trois ans des esquisses de créatures de forêt à l’aide de DALL-E.

OpenAI veut prouver que l’IA peut changer l’animation

Le film, qui raconte l’aventure d’animaux dont le village est bouleversé par l’arrivée d’un étranger, est produit par Vertigo Films (Londres) et Native Foreign (Los Angeles), comme le raconte le Wall Street Journal. L’ambition est de boucler la production en seulement neuf mois, contre trois ans en moyenne pour un long-métrage animé traditionnel. « Je n’ai jamais connu une situation où l’on démarre un film sans savoir ce qui nous attend », a expliqué James Richardson, cofondateur de Vertigo, qui évoque une « expérience massive et ambitieuse ». On attend de voir le résultat sur grand écran…

Le budget est lui aussi réduit : moins de 30 millions de dollars, bien en deçà des standards hollywoodiens pour ce type de production. L’équipe d’environ 30 personnes s’appuie sur une combinaison d’outils d’IA (dont GPT-5) et de travail humain : acteurs pour les voix, et artistes pour les croquis qui alimentent les modèles génératifs.

Si OpenAI veut démontrer la viabilité artistique et économique de l’IA au cinéma, l’initiative intervient dans un climat pour le moins tendu. Les grands studios, de Disney à Netflix, explorent déjà ces technologies, mais avancent prudemment afin de ne pas heurter les acteurs et scénaristes qui redoutent de perdre leurs boulots. Les syndicats professionnels ont d’ailleurs obtenu de nouvelles protections après de longues grèves il y a deux ans.

La question du droit d’auteur reste également sensible. Disney et Universal ont attaqué Midjourney en justice pour l’usage présumé illégal de leurs personnages. Warner Bros. Discovery a engagé une action similaire la semaine dernière. Dans le cas de Critterz, la présence d’intervenants humains — pour les voix et la création graphique initiale — devrait permettre de sécuriser la protection juridique de l’œuvre.

Le scénario est signé par une partie de l’équipe derrière Paddington au Pérou, ce qui est plutôt un gage de qualité. Avec Critterz, OpenAI veut démontrer que ses outils peuvent non seulement réduire les coûts pour les créateurs, mais aussi livrer un produit capable de séduire le public en salle. « C’est un meilleur cas d’école que de construire une simple démo », résume Chad Nelson.

Évidemment, il y a une inconnue de taille : l’accueil du public. Alors que les spectateurs se déplacent de moins en moins au cinéma, miser sur un film original généré en partie par l’IA représente un pari pour le moins risqué. Aucun accord de distribution n’a de toute manière été conclu, et OpenAI n’a pas confirmé son implication dans la promotion du film.

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Source : WSJ

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