Parce qu’il s’est crashé là où il ne devait pas : aux Etats-Unis
Warcraft : Le Commencement, c’est un formidable et dantesque projet, à la hauteur de la renommée de la licence de jeux vidéo éponyme qu’il met à l’honneur. On est en 2016 lorsque le film réalisé par Duncan Jones sort dans les salles obscures. Son budget d’exploitation ? 160 millions d’euros. Un montant qui s’explique par le recours important aux effets spéciaux, aussi bien pour les Orcs, les décors et les pouvoirs magiques présents dans le long-métrage. Mais ça, c’est sans les dépenses consacrées à la campagne marketing et aux coûts de distribution. Le média américain Deadline évoque une somme de 110 millions d’euros supplémentaires, faisant passer la note tout juste sous la barre des 300 millions d’euros globaux.

Au box-office mondial, Warcraft : Le Commencement rapporte environ 433,7 millions d’euros. Un montant tout aussi conséquent mais extrêmement décevant en réalité. Le diable est dans le détail et pour ce film de fantasy, c’est du côté américain que le bât blesse. Si Warcraft cartonne en Chine, bien aidée par la promotion agressive sur place et l’engagement de sociétés du pays dans la production du film, aux Etats-Unis, c’est le crash, avec seulement 47 millions de dollars récoltés en treize semaines d’exploitation en salles. Trop peu pour inciter Blizzard, Universal et Legendary à retenter l’expérience, alors qu’un projet de saga au cinéma était bel et bien prévu pour la licence.
Parce que le projet a connu beaucoup trop de vies
Si Duncan Jones, fan assumé des jeux Warcraft, a consacré plus de trois ans de sa vie pour mettre en oeuvre Warcraft : Le Commencement, il a bien failli ne pas être l’heureux élu derrière la caméra. Le réalisateur britannique n’était pas le premier choix sur ce projet. Celui qui était prévu aux manettes et aurait pu être crédité comme tel dans le film, c’est Sam Raimi. Le papa de l’horreur a bien planché sur un film Warcraft. C’est lui que Blizzard Entertainment et Legendary Pictures choisissent au moment d’annoncer il y a dix ans – en mai 2006 – la production d’un film prenant place dans l’univers des jeux Warcraft.

L’homme derrière la première trilogie Spider-Man, Evil Dead ou encore Docteur Strange : In the Multiverse of Madness, s’associe à Robert Rodat (Il faut sauver le soldat Ryan), pour élaborer un nouveau scénario pour le film. Nouveau oui, parce que Sam Raimi n’est pas friand du premier qu’on lui propose. Et le studio a quelques doutes sur celui du duo. Résultat ? Le projet n’avance pas ou peu et en 2012, Sam Raimi confie ne plus être sur le projet. En coulisses, le film tarde aussi à sortir de terre en raison de changements importants. Legendary Pictures quitte le giron de Warner Bros pour rejoindre celui d’Universal. La société change encore de patron quand la société chinoise Wanda la rachète en 2016.
Parce que Blizzard n’y a jamais vraiment cru
Ou alors pas assez. Si l’idée d’exporter le riche univers, ou du moins une partie, de Warcraft au cinéma avait du sens pour la société, Blizzard a toujours considéré ce film comme un plus marketing, pas comme un projet véritablement majeur. “Nous créons des jeux et je pense que les jeux seront toujours notre cœur de métier, et donc Warcraft sera centré autour de cela”. Voici les propos tenus il y a deux ans par John Hight, le directeur de la franchise Warcraft chez Blizzard Entertainment au média IGN. Si un nouveau projet devait voir le jour, cela serait sous la forme d’un partenariat, avec les bonnes personnes et pas du tout piloté par Blizzard tout seul, car la société n’a aucunement l’intention de jouer les cinéastes, comme l’appuie également John Hight lors de cette interview, faite dans le cadre de la Game Developer’s Conference.

A l’époque, le comportement de Blizzard est pointé du doigt. Notamment par Duncan Jones, qui videra son sac quelques temps après, auprès du média ComingSoon. “Blizzard est une entreprise qui fait un milliard chaque année juste avec ses jeux. Le film ne représentait rien pour eux. Ce n’était vraiment pas leur priorité. Ils payent leurs employés avec les jeux, pas avec le film. Donc pour eux, le film devait servir le jeu, contrairement à ce qu’il aurait fallu faire, c’est à dire faire des jeux et du film deux choses séparées.”
Et maintenant ?
Rien à l’horizon. Alors que la licence se porte bien et que les extensions de World of Warcraft, le jeu massivement multijoueur lancé en 2004, continuent de se succéder, aucun projet de suite ou de reboot n’est sur la table. Ce n’est pas la faute des fans, qui ne demandent que ça et notamment un prolongement de l’histoire proposée en 2016. Dans celle-ci, Warcraft : le commencement raconte la guerre entre le peuple du royaume d’Azeroth, les humains et les Orcs venus l’envahir.

Sur fond de lutte des classes et de contexte géopolitique, le film oppose le commandant de l’armée humaine du royaume de Hurlevent, Lothar et Durotan, le chef orc de la tribu des Loups de givre. Initialement opposés l’un à l’autre, les deux hommes vont vite se rallier pour s’opposer à leur ennemi commun, dont la puissance dépasse l’entendement, grâce notamment à une magie, le Fel, qui corrompt et tue tout ce qu’elle touche. Si les effets spéciaux ont un peu vieilli par endroits, Duncan Jones nous offre 2 heures de spectacle et de fantasy vraiment agréables à regarder, autour d’un univers qui a toute sa place au cinéma et d’un casting (Travis Fimmel, Paula Patton, Ben Foster, Dominic Cooper…) qui fait vraiment le job. Alors si vous souhaitez lui (re)donner une chance, Warcraft : Le Commencement est actuellement disponible sur Netflix. Et il y cartonne…
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.