Le rachat couvre des fréquences dans les bandes AWS-4 et H-block, jusqu’ici sous-exploitées par EchoStar. SpaceX compte les utiliser pour développer sa nouvelle génération de satellites Starlink, connectés entre eux par laser et capables d’accroître la capacité de son réseau mobile « de plus de 100 fois », selon l’entreprise.
La fin des zones blanches
« Avec un spectre exclusif, SpaceX développera des satellites Starlink Direct to Cell de nouvelle génération, qui offriront une amélioration majeure des performances et permettront d’étendre la couverture aux clients où qu’ils soient », a déclaré Gwynne Shotwell, présidente et directrice des opérations de SpaceX. L’objectif affiché est de mettre un terme définitif aux zones sans couverture mobile.
Dans le cadre de l’accord, les abonnés Boost Mobile – une marque d’EchoStar – auront accès au service direct-au-satellite de Starlink. Une manière d’apporter la connectivité dans les zones mal desservies, permettant au passage d’élargir la base de clients potentiels.
La perspective d’un acteur spatial qui s’impose plus directement sur le marché mobile n’a manifestement pas été du goût des investisseurs : les actions des opérateurs traditionnels AT&T, Verizon et T-Mobile ont perdu des plumes ! En revanche, l’opération tombe à point nommé pour EchoStar, lourdement endetté et dans le collimateur du régulateur américain des télécommunications (FCC) qui l’accusait de ne pas exploiter efficacement son spectre.
Grâce à la vente, évaluée à 8,5 milliards de dollars en cash et autant en actions SpaceX, EchoStar compte réduire son passif de 25 milliards de dollars et clore l’enquête de la FCC. Le régulateur est favorable à l’opération : « Les accords conclus avec AT&T et Starlink ont le potentiel de dynamiser la concurrence, d’apporter de nouveaux services à des millions d’Américains et de renforcer le leadership des États-Unis dans la connectivité de nouvelle génération », a déclaré un porte-parole.
En cinq ans, SpaceX a lancé plus de 8.000 satellites Starlink, dont 600 depuis le début de l’année spécifiquement dédiés au service direct-au-mobile. Ces satellites, que l’entreprise surnomme des « tours cellulaires dans l’espace », évoluent en orbite basse pour assurer la meilleure couverture possible.
Cette expansion repose en partie sur Starship, la fusée géante de SpaceX, encore en phase de tests mais qui doit permettre d’embarquer des satellites plus lourds et plus performants. Les premières missions opérationnelles sont prévues l’année prochaine.
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