« Après des années à se plaindre de la cancel culture, le gouvernement actuel l’a élevée à un niveau supérieur et dangereux en menaçant systématiquement de prendre des mesures réglementaires contre des entreprises médiatiques si elles ne censurent ou ne virent pas des journalistes ou des commentateurs que le gouvernement n’apprécie pas ».
Ces mots sont ceux de l’ex-président des États-Unis Barack Obama, réagissant sur les réseaux à la suspension d’antenne de Jimmy Kimmel. Il n’est pas le seul à s’être exprimé sur une affaire qui occupe aujourd’hui le devant de la scène. Ben Stiller, Jean Smart (Hacks), Sophia Bush… beaucoup de noms de l’industrie du grand ou du petit écran se sont insurgés contre la décision d’ABC et des patrons de Disney, propriétaire de la chaîne, de retirer l’animateur de sa grille des programmes.
Une manifestation a même lieu devant les locaux du studio, à Burbank où 300 personnes, scénaristes ou acteurs syndiqués, défilent avec des pancartes accusatrices. Certaines n’hésitent pas à citer Andor, la série Star Wars racontant la mort de la démocratie et l’avènement du fascisme… sur Disney+.

Une perte d’abonnés Disney+ à prévoir ?
Au-delà des messages dénonçant cette décision, certaines personnalités d’Hollywood ont choisi d’aller plus loin. On note, notamment, beaucoup d’appel à annuler son compte Disney+, à l’image de l’actrice de Transparent, Amy Landecker qui a franchi le pas. Des prises de position qui trouvent des échos au sein des personnes impliquées avec Disney, comme l’actrice Tatiana Maslany, héroïne de She-Hulk, appelant ses fans à la résiliation.
D’autres ont choisi de boycotter tous les projets de Disney, comme le réalisateur de Sorry to Bother You, Boots Riley, ou le créateur de Lost, Damon Lindelof. Ce dernier a justifié sa décision sur son compte Instagram :
“J’ai été choqué, attristé et furieux par la suspension d’hier et j’espère qu’elle sera levée rapidement. Si ce n’est pas le cas, je ne pourrai pas en conscience continuer à travailler pour cette entreprise.” Avant de conclure : “Si vous vous apprêtez à me tomber dessus dans les commentaires, demandez-vous d’abord si vous savez faire la différence entre un discours de haine et une blague. Je crois que vous le savez encore.”
Une situation au point mort ?
Pour rappel, Jimmy Kimmel a été suspendu suite à ses propos dans son émission concernant le meurtre du militant d’extrême-droite Charlie Kirk et de son assassin, dénonçant une réutilisation politique du mouvement MAGA (mouvement de Donald Trump). Il aurait alors reçu un appel de la co-présidente de Disney Entertainment lui annonçant sa suspension immédiate à durée illimitée pour le moment.
Une décision qui a évidement reçu le soutien de Trump lui-même, se félicitant de voir Kimmel privée d’antenne. Ce qui rappelle évidemment un cas similaire, celui de Stephen Colbert, cet été, un autre animateur de talk show dans le collimateur des conservateurs américains et du pouvoir en place. Disney est accusée de courber l’échine devant le président et mettre en danger la liberté d’expression.

Actuellement, des discussions auraient lieu entre les exécutifs de Disney et le camp Kimmel afin d’essayer de régler la situation, mais aucune avancée significative n’a eu lieu. Si on devait supposer, on se doute que d’un côté on demande à l’animateur des excuses et de rentrer dans les rangs, ce que Kimmel, avec sa notoriété et son franc-parler, ne serait pas du genre à faire a priori.
Sauf que le ton monte, également dans les bureaux de Disney. Il semblerait que beaucoup de voix s’élèvent contre la gestion de l’affaire par le patron en place Bob Iger et sur la direction prise par l’entreprise. Peu importe la conclusion de l’histoire, Jimmy Kimmel semble n’être que le sommet de l’iceberg.
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