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Mémoire hors de prix : préparez-vous à payer vos smartphones et PC plus cher

La RAM flambe, les stocks fondent et toute l’industrie électronique étouffe sous la pression de l’IA. Résultat : les prix des smartphones, ordinateurs et même des futures cartes graphiques risquent de grimper, et pas qu’un peu.

Depuis quelques mois, les fabricants de mémoire vivent leur meilleure vie financièrement parlant. Les prix grimpent à un rythme qui ferait pâlir l’immobilier parisien : +60 % sur certaines barrettes DDR5 chez Samsung, des kits introuvables, d’autres qui doublent de prix en quelques semaines.

Pourquoi votre prochain smartphone pourrait coûter un bras

En cause, l’appétit insatiable du secteur de l’IA. Les fabricants ont réorienté leurs chaînes DRAM vers la production de HBM, une mémoire très haut de gamme indispensable aux super-serveurs qui entraînent ChatGPT, Gemini et compagnie. La RAM grand public, elle, passe tout au fond de la classe avec un bonnet d’âne : moins de production, beaucoup plus de demande… et des prix qui s’envolent.

Et quand la RAM grimpe, ce sont tous les appareils qui trinquent. Aujourd’hui, un smartphone milieu de gamme ne descend plus sous les 16 Go de RAM, et les constructeurs doivent absorber ces hausses avant de décider quoi faire : perdre de l’argent ou augmenter les prix. Sans surprise, la seconde option est nettement plus populaire. Xiaomi, par exemple, a déjà prévenu que le ticket d’entrée de ses futurs modèles pourrait grimper.

La situation n’est pas beaucoup plus joyeuse côté PC. Les fabricants de cartes mère et de portables à Taïwan commencent à lever le pied : certains suspendent même des lancements, de peur de proposer des machines trop chères pour attirer les consommateurs. Une « simple » machine bureautique pourrait voir sa note gonfler d’environ 85 € rien que pour la mémoire. Tout ça pour ouvrir Chrome avec 42 onglets.

Les joueurs voient aussi la tempête approcher. La gamme GeForce RTX 50 Super, censée arriver début 2026, pourrait être repoussée (ou fortement limitée) à cause du prix délirant de la GDDR7. Sans mémoire abordable, impossible de lancer des cartes qui tiennent la route. Les consoles et tablettes, elles aussi gourmandes en RAM, pourraient suivre la même pente. Et ce n’est pas fini : en privilégiant la HBM, bien plus rentable, les fabricants réduisent mécaniquement la production de DDR5 et de NAND. Résultat : les SSD et cartes mémoire sont eux aussi menacés par une flambée prolongée.

Le gros problème, c’est que personne ne veut investir dans de nouvelles usines. Construire une ligne de production coûte plusieurs dizaines de milliards et prend des années. Or le marché de la mémoire est l’un des plus cycliques qui soient : impossible pour les industriels de miser lourd alors que tout le monde se demande si la vague IA tiendra sur la durée. En attendant, les prix restent perchés très, très haut. Certains analystes prévoient une tension jusqu’en 2027, peut-être plus. L’industrie freine ses lancements, revoit ses plans, et les consommateurs paient la note.

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Source : TechNews

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