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Après Shein et AliExpress, eBay est visé par une enquête en France

La plateforme est accusée de commercialiser des produits illégaux et très dangereux.

La France ne s’arrête plus. Après avoir réclamé l’interdiction de Shein, puis de Joom et AliExpress, le gouvernement s’attaque à eBay. La plateforme est, elle aussi, accusée d’héberger des produits illégaux. Cette fois, il n’est pas question de poupées sexuelles pédopornographiques, mais d’armes illicites. Elle devient la cinquième plateforme, à être visée par une enquête de la DGCCRF.

Des armes en vente libre

Sur eBay, comme chez ses concurrents, des armes de catégorie A – poings américains, machettes – circulent librement, et échappent aux filtres de modération. Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une procédure le 25 novembre, suite à ces alertes officielles. eBay, contacté par l’AFP, assure de sa coopération avec les autorités et ses efforts pour bannir les objets interdits.

Mais cette affaire n’est que la pointe de l’iceberg. Après en marge de l’affaire Shein, la DGCCRF a vite élargi son radar : AliExpress, Temu et Wish sont déjà tombés pour des infractions similaires. Les enquêtes en cours révèlent un système de modération poreux. Malgré des signalements réguliers, les marketplace ont bien du mal à faire le tri. Hier se tenait une réunion européenne pour harmoniser les contrôles et les plaintes à venir. Entre blocage total comme pour les sites X, interdiction partielle ou sanction financière, il va falloir trancher.

Les limites du DSA

Le Digital Services Act (DSA) impose aux géants du net une vigilance accrue, mais son application patine face à des acteurs basés hors de l’Union européenne. eBay est en train de payer des années de passivité, mais la plateforme est loin d’être la seule. Leboncoin ou encore Etsy et Vinted sont également concernés. En France, 40% des achats en ligne passent par ces marketplaces souvent low-cost, dopées par la livraison gratuite et les prix défiant toute concurrence.

Pour endiguer la situation, eBay pourrait imposer des normes plus strictes, qui se traduirait pas des coûts supplémentaires et des frais plus élevés pour les acheteurs. Au-delà de la lutte contre des contenus illégaux, le gouvernement justifie aussi son action par la volonté de protéger l’industrie locale. Reste que la partie semble perdue d’avance : difficile de contrôler précisément ce qui transite par les plateformes étrangères, surtout quand les produits proviennent de marketplaces situées à l’autre bout de la planète. En attendant de trouver une solution viable et efficace, ces mesures ont surtout l’effet d’une promesse : celle d’une volonté ferme de combattre la banalisation de contenus illégaux et de renforcer la régulation sur le commerce numérique.

 

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