Les adeptes du shopping sur les plateformes chinoises vont devoir mettre la main au portefeuille. Les députés français ont adopté à une large majorité (208 voix contre 87) une taxe de 2 euros sur tous les colis de moins de 150 euros provenant de pays hors Union européenne. Concrètement, chaque commande passée sur Shein, Temu, AliExpress ou Wish vous coûtera 2 euros de plus à partir du 1er janvier prochain.
Cette mesure, intégrée à l’article 22 du projet de loi de finances, cible sans se cacher les géants chinois du e-commerce qui ont explosé en France ces dernières années. Le timing n’a rien d’un hasard, Shein traverse une tempête médiatique après la révélation que de nombreux produits vendus sur la plateforme ne respectent pas les normes européennes. La fast-fashion ultra-rapide et ultra-cheap, la France n’en veut plus.
Une taxe officiellement pour financer les contrôles douaniers
Le gouvernement justifie cette taxation par un besoin criant de moyens pour contrôler ce qui arrive en France. Seulement 0,125 % des colis auraient été vérifiés l’année dernière. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin parle de produits « dangereux » qui circulent librement.
Les 500 millions d’euros récoltés chaque année devraient servir à acheter des scanners et recruter des douaniers. La France ne sera pas seule à appliquer cette mesure : la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg se lancent aussi dès janvier. Les autres pays européens suivront neuf mois plus tard. Au niveau de l’Union européenne, les ministres des Finances ont même acté la semaine dernière la suppression de l’exonération de droits de douane sur ces colis. Cette décision européenne entrera en vigueur au premier trimestre 2026.
Comment la taxe va fonctionner ?
Vous ne paierez pas directement ces 2 euros en supplément au facteur. Le gouvernement a prévu un système de collecte via la TVA, ce qui signifie que les plateformes intégreront ce montant directement dans votre panier.
Le Rassemblement national a voté contre, dénonçant « une taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes ». Marine Le Pen a taclé l’argument sécuritaire du gouvernement en rappelant le taux dérisoire de contrôles actuels. Jean-Philippe Tanguy a enfoncé le clou en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une mesure contre la concurrence déloyale chinoise, mais d’une taxation supplémentaire des Français.
Pour les accros aux petites commandes à 5 ou 10 euros sur Temu, l’impact sera significatif. Les plateformes concernées n’ont pas encore communiqué sur leur stratégie tarifaire face à cette nouvelle donne. Amélie de Montchalin n’a pas mâché ses mots pour défendre la mesure : « Ceux qui ce soir ne voteront pas cette taxe n’ont pas choisi la France, ils n’ont pas choisi nos commerçants, ils auront choisi la Chine et sa submersion. » Un discours offensif qui traduit une vraie volonté de ralentir le raz-de-marée des importations chinoises à bas coût.
Les commerçants français applaudissent cette décision qu’ils réclamaient depuis des mois. Ils dénonçaient une concurrence déloyale avec des plateformes qui échappent aux contraintes réglementaires européennes tout en proposant des prix imbattables. Reste à voir si 2 euros suffiront à détourner les consommateurs français de ces plateformes devenues incontournables. Les prix y restent tellement bas que beaucoup passeront probablement outre cette augmentation. Le vrai test sera l’efficacité des contrôles renforcés ici.
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