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« Nouveaux OGM » : c’est quoi les NGT, et pourquoi ça fait débat ?

Les nouvelles techniques génomiques, ou NGT, vont pouvoir se déployer plus largement chez les agriculteurs européens. Ces OGM, au sens scientifique du terme, divisent pourtant toujours les chercheurs, les ONG et les responsables politiques.

Après des mois de tractations, les députés européens et les États membres ont trouvé un terrain d’entente sur l’encadrement des plantes obtenues grâce aux nouvelles techniques génomiques (NGT). Le compromis, conclu cette semaine, assouplit des règles jusque-là très strictes — une demande ancienne des grands semenciers et du Copa-Cogeca, qui invoquent la nécessité de maintenir la compétitivité agricole face aux États-Unis et à la Chine, où ces techniques sont déjà autorisées.

Promesses et paris

Les NGT reprennent le principe des organismes génétiquement modifiés, mais sans franchir la barrière des espèces : aucun gène étranger n’est introduit. Il s’agit par exemple d’insérer dans une variété de tomate un gène prélevé chez une autre variété de la même espèce pour la rendre plus résistante aux pucerons. Elles restent des OGM au sens scientifique, mais ne sont pas « transgéniques ».

L’accord distingue deux catégories de plantes : NGT-1, modifiées dans une limite de vingt altérations génétiques, et considérées comme équivalentes aux variétés classiques. Elles bénéficieront d’une procédure simplifiée, avec un étiquetage limité au sac de semences. Et NGT-2, modifiées plus profondément, qui resteront soumises au régime strict des OGM (autorisation préalable, traçabilité, étiquetage).

Les États membres et le Parlement devront encore valider officiellement le texte. S’il est adopté en 2026, il n’entrera en application que deux ans plus tard. Pour les partisans des NGT, le contexte ne pourrait être plus favorable. L’agriculture en Europe subit de plein fouet des vagues de chaleur plus fréquentes, des sécheresses prolongées ou encore des inondations répétées.

Il y a pourtant des réserves persistantes. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) s’est dite favorable à l’autorisation d’une partie des NGT, mais l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) appelle à la prudence. Dans un avis publié en janvier 2024, elle avertit que ces techniques peuvent « conduire à des modifications des fonctions biologiques » et qu’elles sont susceptibles « d’induire des risques pour la santé et l’environnement ». L’agence recommande une évaluation « au cas par cas ».

Les ONG écologistes tirent elles aussi la sonnette d’alarme. Charlotte Labauge, de l’organisation Pollinis, regrette chez Franceinfo un « non-respect du principe de précaution » : selon elle, les NGT-1 ne feront pas l’objet d’une véritable évaluation préalable et ne seront ni tracées ni signalées au consommateur final. « C’est une atteinte au droit à l’information et à la liberté de choix », dénonce-t-elle.

Autre point sensible : la dissémination dans la nature. L’Anses préconise une surveillance environnementale renforcée, alors que l’accord exclut explicitement toute NGT conçue pour résister aux herbicides ou produire des insecticides, au nom de la durabilité. L’agriculture biologique, elle, restera fermée à ces plantes.

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Source : Franceinfo

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