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Que signifie AIRD, ce mot qui concerne tout le monde ?

L’apparition de ce nouveau mot va peut-être parler à plus de monde qu’il n’y paraît car il décrit une peur collective.

Vous ne l’avez peut-être encore jamais entendu, mais vous risquez de croiser de plus en plus souvent ce terme dans les médias, au travail ou sur les réseaux sociaux : AIRD. Derrière cet acronyme se cache une peur collective liée à l’intelligence artificielle, qui dépasse largement le cas individuel. Il ne s’agit pas seulement de licenciements réels, mais également d’un climat d’angoisse généralisé face à l’idée d’être remplacé par une machine.

AIRD est un terme anglais dont les lettres signifient “AI Replacement Dysfunction”, que l’on peut traduire par “trouble lié à la crainte d’être remplacé par l’IA”. Des chercheurs proposent ce mot pour décrire la réelle détresse psychologique provoquée par la menace que l’intelligence artificielle fasse disparaître certains emplois. Et ce même si la menace est seulement perçue. Selon leur définition, il s’agit d’un état mêlant anxiété, inquiétude existentielle et incertitude face à l’avenir professionnel.

L’IA va-t-elle tous nous remplacer ?

Ce concept est né d’un paradoxe simple à comprendre. En effet, il existe encore peu de preuves que l’IA ait massivement détruit des emplois à grande échelle, mais la peur, elle, est bien réelle. Plusieurs études montrent qu’une majorité de personnes redoutent des pertes d’emplois permanentes liées à l’IA. Dans certains sondages, plus de sept personnes sur dix se disent inquiètes de son impact sur le travail, et ce chiffre n’aura de cesse d’augmenter à mesure que la robotique continue son bout de chemin.

Les symptômes associés à l’AIRD ressemblent à ceux d’un stress chronique. On parle notamment d’anxiété persistante, de troubles du sommeil, de baisse de moral, voire d’un sentiment de perte de sens ou d’utilité. Certaines personnes craignent de devenir obsolètes, de ne plus avoir de place dans le monde professionnel ou de ne pas pouvoir se reconvertir à temps. Chez les travailleurs débutants ou les métiers exposés à l’automatisation, cette pression peut être encore plus forte.

L’IA au cœur de tout  depuis quelques années

Ce phénomène est amplifié par l’omniprésence du discours sur l’IA. Entre les annonces d’entreprises, les démonstrations technologiques et les prédictions aussi alarmistes que fascinantes, il devient difficile d’échapper au sujet. Même sans changement concret dans son emploi, entendre en permanence que « l’IA va remplacer les humains » peut suffire à générer une anxiété durable, aussi sur le plan personnel. De là à imaginer un Westworld à échelle humaine, il n’y a qu’un pas.

Pour les consommateurs et les salariés, cela signifie que cette inquiétude ne concerne pas seulement les secteurs technologiques. Les métiers administratifs, créatifs, commerciaux ou de service sont eux aussi mentionnés dans les débats, ce qui élargit la portée du phénomène à presque toute la population active.

Il est important de noter que l’AIRD n’est pas encore un diagnostic médical officiellement reconnu. Les chercheurs proposent plutôt un cadre pour aider les professionnels de santé à identifier et accompagner cette forme d’anxiété.

Tout comme avec le burn out, en pratique, comprendre ce terme peut déjà aider à prendre du recul. La peur ressentie n’est pas forcément le signe d’un problème individuel, mais le reflet d’un climat sociétal plus large. Comme lors d’autres révolutions technologiques, l’incertitude précède souvent les transformations réelles.

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