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Envoyer un data-center dans l’espace ? Cette entreprise méconnue va le faire cette année

Pour réduire les contraintes notamment thermiques autour des data-center, certains proposent de les envoyer en orbite. Sophia Space s’apprête à le faire.

La NASA veut aller sur la Lune, SpaceX vise Mars, Blue Origin veut envoyer des milliers de satellites en orbite basse. Ces derniers mois l’industrie spatiale a été matraquée par des annonces de toute part. Les géants du spatial multiplient les promesses.

Mais loin des projecteurs, une entreprise californienne vient de frapper un grand coup. Associée à Kepler Communications (qui utilise déjà une petite constellation de satellites, servant de data center pour des développeurs et des entreprises privées), Sophia Space veut aller encore plus loin. Fondée par deux anciens du JPL (le laboratoire de recherche de la NASA), elle veut développer « l’Edge computing ».

Un data center dans l’espace

L’entreprise prévoit de lancer, dès la fin d’année 2026, une première mission test. La clé de cette technologie repose sur les modules « Tiles ». Composés d’un serveur et d’un panneau solaire, ils sont, sur le papier, autosuffisants en énergie. Une fois placés en orbite, ils sont capables de recevoir du code depuis de la Terre, stocker des données, les traiter, et renvoyer des informations. 

Satellite Espace Sophia Space
image d’illustration d’un data-center orbital pour Sophia Space. Chaque panneau solaire est en réalité un «Tile» © Sophia Space

Mais la vraie prouesse se trouve dans le système de régulation thermique du « Tile ». Sophia Space assure avoir développé une architecture à « refroidissement passif ». Autrement dit vous n’avez pas besoin d’un système de refroidissement (via un liquide en circuit fermé, généralement de l’eau).

Cette prouesse d’ingénierie permet de considérablement réduire le poids du « Tile » par rapport à d’autres serveurs envoyés dans l’espace. Or qui dit un appareil moins lourd dit une technologie beaucoup plus abordable. Le lancement coûte moins cher pour une même masse, maximisant la rentabilité du produit.

À quoi pourrait servir ce « Tile » ?

Pour Sophia Space, les premiers clients ne seraient pas à chercher du côté des gros pollueurs du numérique. Les géants de l’IA ont encore besoin de ressources trop importantes pour la jeune pousse. Elle préférerait se concentrer sur des acteurs étatiques, comme des agences de protection de l’environnement.

Sophia Space explique pouvoir travailler à l’intégration d’un système d’observation de la Terre guidée par IA, directement sur son Tile, en local. Le système serait alors capable de capturer les données depuis l’orbite, les traiter, et envoyer le résultat affiné sur Terre. Une économie énergétique considérable par rapport au système de fonctionnement actuel.

Une première mission test

Comme nous l’avons écrit plus haut, une première mission test, en partenariat avec Kepler Communications, est prévue pour la fin d’année. L’objectif sera de lancer en orbite un serveur « Tile » pour éprouver son fonctionnement dans des conditions réelles.

Sophia Space utilisera alors la constellation de Kepler et notamment la technologie de communication laser développée par l’entreprise canadienne pour assurer la liaison entre ses différents satellites. En cas de réussite, il ne serait pas étonnant de voir Sophia Space lancer ses propres satellites dans un avenir proche.

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