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L’impression 3D pollue, mais elle est aussi en train de sauver les océans

Perçue comme une technologie gourmande en plastique et en déchets, l’impression 3D permet aussi quelques miracles environnementaux.

Entre 4,8 et 12,7 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans chaque année, selon les chiffres officiels avancés par le Parlement. Des chiffres qui donnent le vertige et qui, a priori, n’ont rien à voir avec une imprimante et une bobine de filament PLA. Si la technologie d’impression traîne une réputation pas toujours flatteuse côté environnement, elle est en train de devenir l’une des réponses les plus concrètes à la crise environnementale qui touche les océans.

Le plastique c’est fantastique

Des ratés de prototypes en plastique ABS qui jonchent les établis, du warping qui gâche une impression au dernier moment, des filaments non recyclables, une consommation énergétique non négligeable… Les critiques qui entourent l’impression 3D sont connues, et pas entièrement infondées. Mais réduire la technologie à ce seul bilan serait passer à côté d’une réalité qui commence à faire son chemin : la technologie aussi, peut être utile.

Les récifs coralliens n’occupent qu’1 % des fonds marins, mais abritent près de 25 % de la biodiversité marine mondiale, soit plus de 4 000 espèces de poissons et 700 espèces de coraux. Aujourd’hui, plus de 60 % de ces récifs sont directement menacés par le réchauffement climatique, l’acidification des océans et la pollution. C’est dans ce contexte que l’impression 3D a trouvé un terrain d’application aussi inattendu que salvateur. En 2013, l’ingénieur australien Alex Goad lance le projet MARS, pour « Modular Artificial Reef Structure ». L’idée : imprimer en 3D des moules modulaires, les couler en céramique (dont les propriétés sont proches du carbonate de calcium naturellement présent dans les récifs), puis les assembler directement sous l’eau comme des pièces de Lego.

En 2018, Reef Design Lab réalise la première installation aux Maldives, à sept mètres de profondeur. 220 moules imprimés plus tard, le dispositif accueille aujourd’hui des colonies coralliennes en développement. Un premier pas encourageant pour la suite.

Du robot poisson aux digues vivantes

Après les récifs coraliens en céramique, d’autres objets issus de l’impression 3D ont suivi. En 2023, la start-up britannique Fishy Filaments a mis au point une filière de recyclage des filets de pêche en nylon abandonnés en mer, responsables de la mort de milliers d’animaux marins chaque année, pour en faire des filaments d’impression 3D.

Un an avant, en 2022, une étudiante britannique avait imprimé un robot de la taille d’un saumon, équipé de branchies-filets conçues pour aspirer les microplastiques en suspension dans l’eau. Le concept n’a pas été déployé à grande échelle, mais illustre bien la tendance. À Miami en 2024, la société Kind Designs a fabriqué des digues en impression 3D imitant la structure des habitats marins naturels, récifs et racines de mangroves inclus, pour offrir à la fois une protection contre les inondations et un refuge pour la faune locale. En France, la même année, Line Up Ocean a construit des structures en « écobéton », composé à 80 % de vide. Dans le Minnesota enfin, un aquarium a utilisé l’impression 3D pour fabriquer une prothèse destinée à des tortues marines blessées. Des exemples parmi d’autres que quand elle veut, la technologie peut aussi profiter à l’écosystème  tout entier.

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