RTE, Le gestionnaire du réseau à haute tension, a dévoilé un nouveau modèle de pylône pensé pour être plus rapide à installer, plus simple à produire et plus facile à faire accepter localement. Un outil parmi d’autres pour tenir un calendrier de modernisation particulièrement serré.
Un pylône plus discret
D’ici à 2040, 94 milliards d’euros doivent être investis pour adapter les infrastructures. Il s’agit à la fois de créer de nouvelles lignes — pour raccorder des parcs éoliens en mer ou des zones industrielles — mais aussi de remettre à niveau un réseau ancien. Certaines lignes en service ont été installées il y a plusieurs dizaines d’années, parfois près d’un siècle. RTE prévoit donc de changer d’échelle. Le rythme annuel de renouvellement des lignes aériennes doit passer à 800 kilomètres d’ici 2030, contre 300 à 400 kilomètres aujourd’hui, avant d’atteindre jusqu’à 2.500 kilomètres par an en 2040. Au total, 23.500 kilomètres de lignes existantes seront rénovés, ce qui implique le remplacement d’environ 98.000 pylônes.
« Nous cherchions un objet plus simple à déployer, plus facile à faire accepter et plus résistant au changement climatique », explique Régis Boigegrain, membre du directoire de RTE, aux Échos. Le nouveau pylône est issu d’un concours lancé en 2023 pour répondre à ces contraintes. Le modèle retenu reste proche des standards actuels, avec une structure à quatre pieds et un mât central. Mais il abandonne le treillis métallique traditionnel au profit d’une architecture plus simple, avec quelques mètres supplémentaires en hauteur.
Le modèle retenu est le fruit d’un consortium réunissant l’agence de design Nimos, Matière, Bouygues Énergies & Services et le bureau d’études MaP3. L’intérêt principal du nouveau pylône tient moins à son apparence qu’à ses conditions de déploiement. RTE voulait une fabrication plus industrialisée, avec des éléments préfabriqués et un nombre de pièces réduit. Résultat attendu : un montage plus rapide, de l’ordre de trois jours contre cinq aujourd’hui.
Le projet comporte aussi une dimension environnementale : les pylônes seront composés à 80 % d’acier recyclé, et leurs fondations seront plus compactes, avec une emprise au sol limitée à 4 m². Un point important pour limiter l’impact sur les terrains traversés. Les versions les plus puissantes pourront être réalisées en tubes de béton et peintes, afin de s’adapter à leur environnement. Ce nouveau modèle ne sera pas généralisé immédiatement. Il doit d’abord être testé sur la ligne Aurillac-Figeac à partir de 2028, avec environ 230 pylônes installés d’ici 2032. Une première série de 1 000 unités sera produite par l’entreprise Matière, dans deux usines locales.
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