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Critique Toy Story 5 : est-ce que ces jouets sont encore nos amis?

Toy Story fait son grand retour ce mercredi 17 juin avec un cinquième épisode et la ferme intention de relancer une licence lucrative pour Disney et le studio Pixar. Oui, mais après un quatrième volet qui avait déjà des allures d’adieux, est-ce que remettre une pièce dans la machine était l’idée du siècle ?

Toy Story est de retour et ce comeback s’inscrit dans la nouvelle politique de la maison mère, Disney, qui est de miser sur les licences et les produits qui marchent ou qui ont marché, plutôt que sur la prise de risques intempestive. Parce qu’on aime Buzz, parce que Disney ne pouvait pas rester sur l’échec de son film solo, parce qu’on aime Woody et le monde des jouets, revoir Toy Story au cinéma était forcément une bonne idée.

Oui, mais tant que ça ? Après tout, on avait quand même bouclé la boucle avec le quatrième volet, l’arc des jouets abandonnés et un Woody qui s’en allait vivre sa vie avec la Bergère. Buzz restait auprès de Bonnie en tant que gardien du fort et Jessie devenait le nouveau leader des jouets, avec le bien-être de cet enfant comme seul objectif. Si la fin était suffisamment ouverte pour permettre d’y revenir, on avait quand même le sentiment d’avoir fait le tour pour de bon. La peur de l’épisode de trop était donc forte au moment de se replonger dans cet univers et dans un épisode qui a, comme d’habitude pour la saga, des messages à faire passer et une morale à délivrer.

Quand les tablettes débarquent, tout part en vrac

Le danger pour les jouets, cette fois, c’est la technologie et les écrans, de plus en plus envahissants pour la jeune génération. Bonnie n’y échappe pas et le chemin emprunté par la petite fille est on ne peut plus méta : elle a du mal à se faire des amis et à se sociabiliser dans la vraie vie. La norme, désormais, c’est le numérique, ce sont les chats et les interactions sociales en ligne. Une donne que ses parents acceptent, plus par souci de son bien-être que par réelle conviction, ce qui égratigne déjà en soi le rapport entre les parents, pas toujours au fait des codes de cet univers virtuel et leurs enfants, qui délaissent le sens du contact traditionnel.

Jessie Toy Story 5
© The Walt Disney Company

La tablette Lilypad débarque dans la chambre de Bonnie et c’est tout le monde des jouets qui s’ébranle. Crainte d’être relégué aux oubliettes, comme d’autres jouets, méfiance contre cette technologie et ces intentions envers Bonnie : les griefs ne manquent pas pour Jessie, Monsieur Patate, Fourchette et Buzz, tous décidés à faire rentrer dans le rang la nouvelle arrivante. Mais les choses dégénèrent et Woody est obligé de reprendre du service et d’épauler ses anciens amis, pris dans un tourbillon de galères et d’émotions fidèle aux autres volets de Toy Story. Si Buzz reste fidèle à lui-même, avec un petit fil rouge narratif sympathique à suivre, c’est bien Jessie qui crève l’écran cette fois. Désignée comme successeur de Woody, la cow-boy prend son rôle à cœur, au point de basculer dans son passé et de nous offrir une plongée dans ce dernier, plein d’émotions là aussi.

Un discours méta, sans en faire des caisses, un Woody relégué au second plan et qu’on aurait aimé voir en faire plus

La formule marche toujours aussi bien. Et l’écriture dans Toy Story est toujours aussi efficace. Les enjeux sont compréhensibles pour tous. En forme de sensibilisation pour les plus petits, aussi bien sur l’usage excessif des tablettes, le manque de sincérité et d’humanisme des amitiés virtuelles et, tout de même, sur le cyberharcèlement, au travers d’une scène particulièrement touchante, certainement celle qui fait le plus écho à l’état de la jeunesse actuelle, dans laquelle Bonnie fait l’objet des railleries de ses soi-disant amies, qui lui reprochent de continuer à jouer avec des jouets. Pour les parents, le propos de ce cinquième opus sonne comme un rappel à l’ordre et à une vigilance plus accrue sur les activités en ligne et le bien-être de leurs enfants.

Buzz Toy Story 5
© The Walt Disney Company

La formule marche parce que Bonnie n’a jamais été aussi attachante, parce qu’on a terriblement envie que cette petite fille se fasse des amis, des vrais, que l’on ne veut pas voir les jouets d’Andy disparaître et que Jessie, en parallèle, soigne sa plus vieille blessure de jouet. L’humour fait mouche, ne serait-ce que grâce à une colonie de Buzz égarés, plus évolués que l’original, mais donnant à ce dernier une toute autre dimension. Le seul regret, finalement, c’est le retour de Woody. Non pas que sa présence nous gêne. On parle tout de même du pilier de la saga, sans qui jamais autant d’épisodes n’auraient vu le jour. Mais c’est son usage qui nous frustre. Woody n’est pas utile dans un film qui n’a pas vraiment besoin de lui, hormis offrir un peu de répondant à Buzz et renouer avec leurs péripéties habituelles.

On aurait aimé que son retour en soit un vrai et non pas celui d’un perso capable d’aller et venir comme bon lui semble désormais dans la licence. À moins que la suite se concentre sur lui et son nouveau monde. Oui, parce qu’une suite, il y en aura une, forcément. Certainement. Parce qu’on avait peur de l’épisode de trop, oui. Mais parce qu’on a oublié qu’au-delà du succès attendu en salles, Toy Story 5, c’est avant tout un épisode, drôle, très drôle et qui fait du bien, beaucoup de bien. Alors, si la formule marche encore, on y retournera, c’est certain.

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Notre avis

On avait de gros doutes, pour ne rien vous cacher, au moment de découvrir Toy Story 5. Probablement parce qu'on avait l'intime conviction que Pixar avait déjà tout raconté sur nos jouets préférés, que l'ensemble du projet sentait l'épisode de trop et qu'on n'avait pas envie de voir un déclin irrémédiable se produire pour une licence qu'on adore. Mais non. Rien de tout cela. Dès les premières minutes, la magie Toy Story prend le dessus, qui plus est dans une thématique totalement actuelle. Le film est touchant, drôle, fait passer ses messages sans pour autant être barbant ou trop moralisateur. Une piqûre de rappel qui fait du bien à tout le monde, parents comme enfants, sur le sens du divertissement et la vraie nature d'une amitié. Pas le meilleur de la saga, mais très bien placé, c'est certain.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 8 / 10

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