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Les changements de MaPrimeRénov’ ne vont pas plaire à tout le monde

À partir du 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ évolue… encore une nouvelle fois. Le dispositif d’aide à la rénovation énergétique se resserre sur certains travaux et pousse davantage les ménages à abandonner les énergies fossiles. Des ajustements qui concernent autant les rénovations ciblées que les projets plus complets.

MaPrimeRénov’ continue de reposer sur deux volets : le « parcours par geste », pour des travaux ponctuels, et le « parcours accompagné », pour les rénovations plus ambitieuses. Sur le papier, l’architecture du système ne change pas. Dans les faits, plusieurs règles sont revues.

Des travaux mieux ciblés mais moins nombreux

Pour le parcours par geste, les conditions de base restent familières : un logement construit depuis au moins 15 ans (ou 2 ans en Outre-mer), occupé comme résidence principale au moins huit mois par an. Les travaux éligibles incluent toujours l’isolation thermique, la ventilation (à condition de coupler avec de l’isolation), ou encore l’installation d’un système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire décarboné.

Mais la liste se réduit. À partir de septembre, il ne sera plus possible d’obtenir une aide pour l’isolation des murs par l’extérieur, qu’il s’agisse de façades ou de pignons. Même sort pour les chaudières biomasse, désormais exclues du dispositif. Le message est sans ambigüité : les pouvoirs publics veulent concentrer les aides sur un nombre plus restreint de solutions, jugées plus pertinentes au regard des objectifs énergétiques.

Du côté des rénovations d’ampleur, les règles restent exigeantes. Le logement doit être situé en France métropolitaine, afficher une étiquette énergétique E, F ou G avant travaux, et permettre un gain d’au moins deux classes après rénovation. Le projet doit également intégrer au moins deux actions d’isolation thermique, parmi les murs, les planchers bas, la toiture ou les menuiseries extérieures, avec la possibilité d’y ajouter ventilation et équipements de chauffage.

Le changement le plus marquant concerne toutefois le chauffage. À compter du 1er septembre, les rénovations globales qui conservent un système au gaz ne seront plus éligibles à MaPrimeRénov’. C’est une évolution voulue par le gouvernement pour accélérer l’électrification des usages. L’objectif est connu : atteindre un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici à 2030. Dans ce cadre, les aides publiques servent de levier pour orienter les choix des particuliers.

Le ministère de la Ville et du Logement précise que seulement 10 % des rénovations d’ampleur conservaient jusqu’ici un chauffage fossile. La mesure vient donc entériner une tendance déjà minoritaire, tout en renforçant la direction prise.

Reste que ces ajustements successifs finissent par susciter des critiques. Dans le secteur du bâtiment, certains professionnels pointent un manque de stabilité. « C’est un énième changement dans MaPrimeRénov’. On veut de la stabilité […] et là, encore une modification qui fait que les clients ne vont plus rien comprendre », estime Jean-Claude Rancurel, de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), à Franceinfo. Selon lui, il devient urgent de « redonner confiance aux ménages » pour relancer les projets.

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