La dépression résistante aux traitements reste un problème majeur. Aux États-Unis, près de 3 millions de personnes ne répondent pas aux approches classiques, qu’il s’agisse d’antidépresseurs ou de thérapies. Pour ces patients, les options sont limitées, et parfois lourdes.
Un implant discret qui évite la chirurgie lourde
Motif Neurotech veut proposer autre chose. Son dispositif, baptisé DOT (« Digitally programmable Over-brain Therapeutic »), tient dans un volume comparable à celui d’une myrtille. Il ne s’agit pas d’un implant classique : il n’est pas inséré dans le cerveau lui-même, mais placé dans le crâne, au-dessus de la dure-mère. Une nuance importante, qui permet d’éviter une chirurgie plus invasive.
Le principe reste simple sur le papier : envoyer des stimulations électriques ciblées vers des circuits cérébraux associés à la dépression. Là où les traitements médicamenteux agissent de manière plus globale, l’idée est ici d’intervenir directement sur les zones concernées. Autre point notable, le dispositif fonctionne sans fil. Pas de batterie implantée, pas de câbles à gérer. L’ensemble a été conçu pour être discret, avec des paramètres de stimulation programmables dans le temps.
Jacob Robinson, cofondateur et directeur général de l’entreprise, résume l’ambition : « L’objectif est que cette technologie devienne l’équivalent, en santé mentale, d’un capteur de glucose en continu pour le diabète. » Une comparaison qui donne une idée du rôle attendu : suivre et ajuster en continu, plutôt que traiter de manière ponctuelle.
Avec l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA), Motif Neurotech va pouvoir tester son implant chez des patients. Cette première étude, dite de faisabilité, portera sur des adultes souffrant de dépression sévère et ayant déjà essayé plusieurs traitements sans succès.
Les chercheurs vont d’abord vérifier que le dispositif est sûr et fonctionne comme prévu. Ils chercheront aussi à repérer les premiers signes d’efficacité. Autrement dit, il ne s’agit pas encore de valider un traitement, mais de voir si la piste mérite d’être approfondie. L’essai sera mené dans plusieurs centres médicaux importants, dont le Baylor College of Medicine et le Massachusetts General Brigham. Ce cadre doit permettre de collecter des données solides et de tester le dispositif sur toutes sortes de profils.
Le calendrier de développement interpelle : seulement quatre ans entre la création de l’entreprise et cette première étude chez l’humain. Dans le domaine des interfaces cerveau-machine, où les projets s’étalent souvent sur une décennie ou plus, ce rythme est plutôt rapide.
Motif participe également à un programme fédéral piloté par l’Advanced Research Projects Agency for Health (ARPA-H). L’objectif est cette fois d’améliorer la compréhension des traitements en santé mentale grâce à des données plus précises. « L’idée est de déterminer si un traitement fonctionne, comment il agit et quels patients en bénéficient le plus », explique Jacob Robinson.
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