Le débat avait l’air insoluble, et pourtant. Pour fêter le Star Wars day, on s’intéresse à une question récurrente de pop culture : qui des Jedi ou des Sith ont la plus grosse (puissance de sabre laser). Ça tombe bien, d’autres se sont déjà posés la question avant nous. Après s’être demandés jusqu’où Luffy pouvait étirer ses bras et comment faisait Pikachu pour entrer dans sa pokéball, Cédric Ray et Pol Grasland-Mongrain poursuivent leur Petit traité de physique à l’usage des geeks publié, et s’interrogent avec une rigueur scientifique inédite sur les grands mystères de la pop culture.
Le sabre laser, un vrai laser (presque)
Commençons par le nom. « Sabre laser » est en réalité une invention des traducteurs français. En anglais, on dit light saber — littéralement « sabre de lumière ». Le mot laser vient s’y glisser parce que c’est l’acronyme anglais de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation, soit « amplification de lumière par émission stimulée de radiations ». Plus concrètement, c’est un système qui amplifie la lumière pour produire un rayonnement dit cohérent : tous les photons se déplacent dans le même sens, à la même fréquence, et de manière parfaitement synchronisée.
Pour fabriquer ce type de rayonnement, trois éléments sont nécessaires : un milieu amplificateur, une source d’énergie pour l’alimenter, et une cavité optique qui joue le rôle de résonateur. Dans l’univers Star Wars, ces trois composants existent bel et bien, ce qui est une bonne nouvelle sur le plan scientifique. Le cristal Kyber fait office de milieu amplificateur. La cellule au diatium logée dans la poignée, assure l’alimentation en énergie, et le canal énergétique, délimité par des miroirs à l’intérieur de la lame, constitue le résonateur.
Le cristal Kyber ressemble probablement à un rubis, qui dans la vie réelle a servi de milieu amplificateur sur le tout premier laser opérationnel, mis au point en 1960. La technologie laser actuelle utilise aujourd’hui d’autres matériaux : grenat d’yttrium et d’aluminium dopé, gaz CO₂, colorants organiques ou semi-conducteurs. Les lasers CO₂ industriels permettent déjà de découper des plaques d’acier de plusieurs centimètres d’épaisseur.
Mais le sabre laser reste fondamentalement impossible
La mauvaise nouvelle, c’est que malgré tous les fantasmes de George Lucas, la saga Star Wars est remplie d’incohérences que la Force ne peut pas résoudre. Première impossibilité : un faisceau laser ne s’arrête pas à un mètre. Les photons sortent tous dans la même direction, et projettent un point lumineux visible à plusieurs centaines de mètres. Pas pratique pour viser pendant un combat donc. Deuxième problème : les faisceaux laser ne s’entrechoquent pas. La lumière ne réagit pas ainsi — deux faisceaux se croisent et continuent leur route sans broncher. Les duels iconiques de la saga sont donc physiquement impossibles. Quant à dévier des tirs de blaster avec une lame de lumière, mieux vaut oublier.
Troisième détail qui ne colle pas : pour que le faisceau soit visible, il faudrait évoluer dans un milieu propice, comme du brouillard ou de la poussière. Les combats auraient l’air nettement moins impressionnants dans un environnement propre.
Qui est le plus fort ?
Ce qui différencie les sabres des gentils de ceux des méchants en revanche, c’est la couleur. En physique, l’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à sa longueur d’onde. Un photon dans le bleu (proche des ultraviolets) est intrinsèquement plus énergétique qu’un photon dans le rouge (proche des infrarouges). Pour une même densité de photons, un sabre bleu contiendrait donc environ 30 % d’énergie de plus qu’un sabre rouge. Les Jedi partent avec un avantage certain sur les Sith, en plus de leur maitrise de la Force.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.