Quand un lecteur lui a demandé quelle distance maximale les bras de Luffy pouvaient atteindre. Le créateur de One Piece avait botté en touche, répondant que la limite était de 72 gum-gums. Le problème, c’est que le gum-gum n’est pas une unité de mesure, et que les fans sont curieux. Après s’être demandé quelle technologie se cachait derrière les Pokéballs, Cédric Ray et Pol Grasland-Mongrain remettent le couvert. Dans leur Petit Traité de physique à l’usage des geeks (mais pas seulement), publié fin janvier chez Albin Michel, les deux physiciens lyonnais consacrent un chapitre entier à cette question fondamentale.
Des os en caoutchouc
Le point de départ est simple : depuis le tome 1, Luffy a mangé le fruit du Gum-Gum, qui a rendu son corps élastique. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement, d’un point de vue physique ? Il existe plusieurs grandeurs pour décrire l’élasticité d’un matériaux : le module d’Young, le coefficient de Poisson, le module de compression isostatique et le module de cisaillement. Le module d’Young, sans doute le plus connu, mesure la résistance d’un matériau à la déformation quand on appuie dessus. Plus il est élevé, plus le matériau est difficile à étirer. Pour que Luffy puisse étirer ses bras sur des centaines de mètres sans forcer, il faudrait que le module d’Young de ses os soit bien inférieur à celui du caoutchouc.
Le coefficient de Poisson entre aussi en jeu. C’est lui qui détermine si un objet s’amincit quand on l’étire (comme un cube de pâte à modeler) ou conserve son épaisseur. Dans le manga, les bras de Luffy ne semblent pas changer de diamètre quand il les allonge, ce qui suggère un coefficient de Poisson proche de zéro.
Luffy peut-il se casser le bras ?
Le fait que Luffy puisse étendre et rétracter ses bras sans séquelles signifie qu’il ne perd pas sa capacité élastique, même après avoir mis ses bras à l’épreuve. Une différence fondamentale avec d’autres héros aux pouvoirs similaires, comme Reed Richards, le M. Fantastic des 4 Fantastiques par exemple, qui perd temporairement ses capacités élastiques lorsqu’il est étiré de manière extrême et doit attendre un moment pour reprendre sa forme normale.
Difficile donc, avec autant de passe-droits sur les concepts de physiques, d’estimer jusqu’où Luffy peut réellement étirer ses bras. Il faudra donc se fier au record observé dans le manga, lorsque Luffy lance un Gum-Gum Bazooka contre Wapol sur l’île de Drum. Ses bras s’allongent alors de plusieurs kilomètres, mais il semble clair que le futur roi des pirates atteint ses limites. Avant de plonger dans la saison 2 de l’adaptation Netflix, il faudra vraisemblablement se contenter d’une réponse floue.
Le Petit Traité de physique à l’usage des geeks (mais pas seulement), signé Cédric Ray et Pol Grasland-Mongrain, est disponible aux éditions Albin Michel depuis le 28 janvier 2026.
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