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Fin du CBD en France : voici les produits qui seront interdits dès cette semaine

Les huiles, tisanes et bonbons au CBD seront bientôt interdits à la vente. C’est le moment de faire vos stocks.

Il y a quelques années, les boutiques spécialisées avaient fleuri partout en France, à grands coups d’huiles sublinguales, de tisanes et de bonbons à base de CBD, cette molécule dérivée du THC, présentée comme apaisante, mais pas psychotrope. Quelques mois plus tard, le marché pesait environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, mobilisait quelque 2 000 producteurs agricoles, 1 500 commerces dédiés et jusqu’à 20 000 pharmacies. La filière prospérait dans un flou juridique confortable, entre tolérance administrative tacite et jurisprudence européenne favorable. Ce jeudi 15 mai, ce fragile équilibre s’effondre.

La réglementation européenne se durcit

Le 15 avril 2026, lors d’une réunion avec les représentants de la filière du chanvre, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) a officiellement mis fin à des années de zone grise. Sa décision : appliquer à la lettre le règlement européen (UE) 2015/2283, dit Novel Food. Le principe est simple, et sa logique implacable : tout ingrédient alimentaire dont la consommation doit faire l’objet d’une autorisation préalable avant sa commercialisation. Le cannabidiol (CBD), popularisé massivement bien après cette date butoir, entre mécaniquement dans cette catégorie.

Malgré des centaines de dossiers déposés par les industriels depuis 2019, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) maintient que la sécurité alimentaire du CBD n’est pas établie. Aucune autorisation n’a donc été accordée. Et sans autorisation, pas de mise sur le marché légale. La DGAL, qui tolérait jusqu’ici ces produits sous certaines conditions, a prévenu les professionnels mi-avril qu’il n’y aurait désormais « plus aucune tolérance ».

Les 1 500 CBD shops et les 20 000 pharmacies concernées seront susceptibles d’être inspectés. Les agents vérifieront la présence de produits ingérables (bonbons, chocolats, boissons, compléments alimentaires), la conformité des étiquettes et la validité des certificats d’analyse. Les sanctions prévues vont de la saisie des marchandises à l’amende administrative, voire aux poursuites pénales. Concrètement, les huiles à ingérer, les tisanes, les bonbons, les compléments alimentaires à base de CBD sont interdits à partir de cette semaine. Le CBD à fumer, les e-liquides pour cigarettes électroniques, les produits cosmétiques, eux, restent autorisés.

2000 boutiques sur la sellette

La réaction de la filière ne s’est pas fait attendre. L’Union des professionnels du CBD (UPCBD) a indiqué à l’AFP que « cette position tue une filière agricole et risque de tuer plus de 2 000 boutiques spécialisées qui se trouvent en centre-ville ». L’UPCBD conteste d’ailleurs le fondement juridique même de la décision, affirmant que le règlement européen « ne s’impose pas » aux États membres, qui « ont le choix de ne pas l’appliquer ». De son côté, l’Union des Industriels pour la Valorisation des Extraits de Chanvre (UIVEC) serait en discussions avec les ministères pour obtenir une application « raisonnée et non radicale ».

Les consommateurs peuvent être rassurés : aucune sanction ne les vise. Les huiles et tisanes déjà achetées pourront être consommées sans risque. Ce sont les fabricants, distributeurs et vendeurs qui ont l’obligation de retirer les produits non conformes. Le calendrier, en revanche, est brutal : l’annonce a été rendue publique le 7 mai, l’interdiction entre en vigueur le 15 mai.

  • Les produits à base de CBD comme les huiles, tisanes et bonbons seront interdits à la vente dès cette semaine en France.
  • La réglementation européenne impose une autorisation préalable pour la commercialisation du CBD, qui n’a pas été accordée.
  • Les 2000 boutiques spécialisées et 20000 pharmacies concernées risquent des sanctions, mais les consommateurs peuvent continuer à utiliser les produits déjà achetés.

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