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En 2026, la Cupra Born VZ devient (enfin) le monospace épicé qu’on attendait  

Cupra profite du 5e anniversaire de la Born pour lui apporter le lifting du groupe VAG tant attendu, qui la rend enfin vraiment chouette ! Et c’est à Barcelone qu’elle a pu être essayée.

Dans les années 2000, les papas pressés avaient les Zafira et Meriva OPC. Cupra a décidé que les « darons » avaient aussi le droit de se faire plaisir. Avec un peu plus de 170 000 unités vendues depuis son lancement, la Born n’est ni un succès, ni un échec. Mais la première version était frustrante.

Toutefois, lorsque je l’avais essayée à sa sortie, j’avais pesté contre une flopée de choses : mauvaise efficience, ergonomie ratée, boutons haptiques saveur piano black désagréables, économie des boutons de lève-vitres arrière, charge lente, intérieur un peu cheap, système multimédia lent et rempli de bugs. Dommage, car elle avait une sacrée bouille et changeait un peu des SUV et SUV coupés qui inondent le paysage aujourd’hui. La bonne nouvelle, c’est que Cupra a TOUT revu et c’est enfin la chouette voiture qu’elle méritait d’être. Enfin tout, sauf ce qui était déjà bien. Ouf !

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Cupra Born 2026

Concrètement, ce qui change

L’extérieur est plus travaillé, l’intérieur a été revu (le combiné d’instrumentation fait 10,25 pouces), le cuivre a quasiment disparu, le groupe motopropulseur est plus efficient, la finition a été améliorée, les batteries ont une meilleure capacité, l’ergonomie a été repensée et le système infotainment repose sur Android Automotive avec une surcouche Cupra. Cupra s’est également occupé du châssis (et sur cette version VZ, il est réglé au cordeau).

Voici un petit avant-après qui fait toujours plaisir.

Le choix de 2 batteries pour 3 versions

Il existe 3 versions de la Born. Une « modeste » version de 190 ch (nommée Plus) dotée d’une batterie de chimie LFP de 58 kWh et deux versions plus endurantes (nommées Endurance et VZ) de 230 ch et 325 ch, équipées d’une batterie de chimie NMC de 79 kWh. Petit plus : la Born est V2L et ainsi permet d’alimenter des appareils électriques en 230 V jusqu’à 3000 W.

Notre modèle d’essai

La version VZ s’offre des suspensions pilotées et des sièges baquets Sabelt (appelés CupBucket) de série, tout en affichant une autonomie WLTP de 631 km.
Notre modèle d’essai était équipé d’une caméra à 360°, de l’affichage tête haute et du son Sennheiser (reposant sur 10 HP et un caisson) à en faire rêver les mélomanes, outrepassant largement le son Premium de mon Model Y Performance et s’illustrant au-dessus de tout ce qui se fait sur le marché dans cette gamme tarifaire (et même plus).

Les options et tarifs sont indiqués en fin d’essai.

Le tout dans une teinte nommée Gris Timanfaya. Pas la plus folle et certainement pas aussi désirable que le Vert Esterel ou le Bleu Aurore. Mais les goûts et les couleurs… Chaque teinte est à 1000 euros.

Un design extérieur revu et réussi

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Cupra aime l’agressivité dans les dessins. Ça ne plaît pas à tout le monde.

Le capot, la calandre qui s’offre une vraie grille d’aération (généralement elles sont fermées sur les électriques), un bouclier ajouré pour améliorer l’aéro et des phares à virgule (façon Renault) qui intègrent les 3 triangles de la Triforce de Zelda (avec le Logo à la Transformers, on devine les centres d’intérêts des designers), la face avant est plus travaillée et plus réussie que l’ancienne version. Elle présente également le nez de requin, ce qui la raccorde au style des dernières créations Cupra.

La Born est un monospace : monovolume et avec un capot dans le prolongement du pare-brise. C’est chouette, ça change des SUV au style 4×4. Et ça a un autre avantage bien concret : ça permet de loger une vitre triangulaire au niveau du montant et ainsi d’améliorer grandement le champ de vision.

Le profil a droit à une chirurgie esthétique. Les jantes de Cupra (qui sont toujours des masterclass) et qui vont de 19 à 20 pouces (il y a 5 modèles) relèvent une ligne monovolume qui fait la part belle aux vitres latérales (les enfants vont enfin voir le paysage). Étrangement, Cupra a limité les lignes de caisses à outrance On garde les ailes galbées (qui va s’en plaindre ?), mais la ceinture de caisse dessinée par une ligne (et non une courbe) tranche des panneaux latéraux droits bien sages, que seul un bas de caisse typé sport et bien creusé vient trahir.

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Le 3/4 arrière n’est pas déplaisant.

Le toit s’étend loin vers l’arrière qu’un superbe spoiler vient terminer. L’arrière a été redessiné. Le bouclier intègre le diffuseur auquel il manque le feu de stop façon F1 (dommage). Le bandeau lumineux est, là encore, une marque de Cupra. Enfin, c’est ce qu’on trouve sur 90 % des voitures aujourd’hui. Mais il était déjà présent chez Seat avec le Tarraco. Désormais, le logo est éclairé. De nuit, je trouve l’éclairage trop intense.

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Le profil monospace (prolongement du capot avec le pare-brise) supprime les angles morts propres aux SUV.

Le hayon et le bouclier sont liés stylistiquement parlant par une découpe symétrique en forme de X. C’est une astuce stylistique pour éviter d’avoir un arrière trop droit (et moche). Logique, la voiture a un porte-à-faux quasi inexistant et une vitre presque à la verticale (pour optimiser l’espace). Mais ça demande un travail pour « animer » la partie arrière.

À l’intérieur c’est également meilleur

On commence par le compteur (tableau d’instrumentation si on veut se la raconter un peu). Il fait 10,25 pouces et il est suppléé d’un affichage tête haute dans cette version VZ. Plus lisible, il permet aussi d’afficher Waze ou Maps (merci Android Automotive).

La console centrale aux accoudoirs intégrés est toujours là. Le tissu bleu appelé « Dynamica » et qui ressemble à un Alcantara (mais avec moins de pétrole et plus de matériaux recyclés d’après Cupra) est présent à peu près partout. Il est très agréable au toucher et épais. Il contraste avec les plastiques gris durs. Un détail.
Les buses d’aération sont présentes à l’arrière. Et la climatisation fonctionne bien (ça devient rare, alors autant le préciser).

L’espace aux jambes à l’arrière est correct, mais la Born n’échappe pas au souci des voitures électriques « compactes » (elle fait 4,33 m de long, pour 1,54 m de haut et 1,80 m de large). Et oui, malgré un généreux empattement de 2,76 m, les 79 kWh de batterie prennent de la place. Le plancher est donc assez haut.  Il en résulte une assise qui manque de hauteur et finalement un espace assez limité pour les pieds et la tête des personnes de plus de 1,85 m.

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L’espace aux jambes est limité pour une personne de 1,80m s’installant derrière un conducteur de 1,80m.

À l’avant, Cupra a gratifié sa version VZ de superbes sièges baquets Sabelt. Une folie d’ergonomie, de qualité et de confort. Les boutons de commande de vitre sont revenus. Les boutons sur le volant ne sont plus haptiques et le piano black a enfin disparu !

Le coffre permet de glisser 4 valises cabine et 2 sacs. Ce n’est pas hyper vaste, mais sa forme en fait un volume pratique.

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Le coffre est assez spacieux.

La version VZ est survitaminée mais il lui manque des freins

La plateforme MEB fait de la Cupra Born une propulsion. Le châssis est parfaitement réglé, le moteur est logé à l’arrière, toute la partie BMS, batterie 12 V et calculateurs sont sous le capot à l’avant et entre les roues est logée, bien basse, la batterie de 79 kWh. Cette architecture et la mise au point du département espagnol qui s’appuie sur des suspensions pilotées (qu’on ne trouve que sur les version Performance chez Tesla) en font un véritable petit kart à conduire. Un kart monospaces à position de conduite un poil haute certes, mais un kart. Et qui dit kart dit fun !

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Drive selectionne les modes, Cupra active le mode Cupra directement. Comme le petit bouton rouge dans Men In Black.

De fait, les 325 ch vous propulsent de 0 à 100 km/h en 5,3 secondes. La puissance est envoyée au sol sans fausse note. C’est un petit kiffe. Car le plus gros arrive dans les virages. J’entends souvent dire que Cupra, c’est que de la gueule. Pourtant, cette Born est un régal à conduire.

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Le plaisir vient des sensations de karting délivrées au volant.

Ça accroche, avec un avant réactif, incisif qui s’inscrit dans les courbes en étant posé sur des rails. Mais l’arrière, lui, pas du tout. Il a tendance à vouloir faire sa vie de temps à autre. Les aides à la conduite le ramènent dans le droit chemin, mais c’est à prendre si vous souhaitez arsouiller. En conduisant normalement, vous n’avez rien à craindre.

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5,3 secondes pour le 0 à 100 km/h, mais ça continue après sans flancher.

Reste un point problématique (et non des moindres) : les freins ! Cupra a négligé cette partie. Heureusement, le frein magnétique (ou frein régénératif si vous préférez) réglable selon 3 niveaux (0, faible ou fort) depuis les palettes logées derrière le volant apporte ce qu’il manque de force (tout en récupérant de l’énergie). Vous vous retrouvez donc à jouer du frein quand cela devient fortement nécessaire, le One Pedal faisant l’affaire le reste du temps.

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Un vrai plaisir, surprenant à la vue de ce monovolume.

Consommation et recharge

Avec 18,6 kWh/100 km en la poussant pas mal sur des chemins assez tortueux, la Born prouve que l’APP 550 du groupe VAG n’a rien à envier à Tesla. C’est du 13-14 kWh/100 km en conditions normales mixtes. En revanche, la recharge de 10 à 80 % est toujours donnée pour 29 minutes. Je n’ai pas pu vérifier l’info. Ce n’est pas fou et ça montre que la pompe à chaleur est obligatoire pour que les recharges en hiver ne s’éternisent pas.

Notez que les 79 kWh de capacité, pour une conso de 13 kWh, permettent de parcourir 607 km. Donc pas loin des 631 km annoncés.

Sur autoroute, ce sera plutôt 18-20 kWh/100 km sur du 10-80 % en roulant à 136 km/h compteur. Concrètement, ça donne 70 % des 79 kWh exploitables, soit un peu plus de 300 km avant de devoir recharger pendant 30 minutes.

Évidemment, les habitués viseront le 2-3 % de niveau de batterie restant avant de recharger, de quoi pousser à 320 km l’autonomie.

Des options trop chères payées et c’est bien dommage !

Nous voici à la partie qui fâche : le prix. Le nerf de la guerre et j’avoue que les nerfs, on peut les avoir. Car pour rendre sa voiture attractive face à la concurrence (notamment Tesla), Cupra a laissé pas mal d’équipements en option, même sur sa version VZ affichée à 46 170 euros.

D’abord, celle qui me fâche vraiment : la pompe à chaleur, vendue 1100 € ! Elle est indispensable, ne serait-ce que pour favoriser le préconditionnement de la batterie.

Le son Sennheiser à 700 €, est si bon qu’on lui pardonne. Le système de navigation coûte 800 €. Le Pack Drive qui comprend la conduite autonome de niveau 2, l’affichage tête haute, le parking automatique et la caméra à 360° réclame 1500 €.

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Le son Sennheiser à 700€ est vraiment l’option à prendre !

Enfin, le toit panoramique est facturé 1100 €, mais il est occultant électriquement (donc ça se pardonne, d’autant que des personnes sont réfractaires à cette option).

La seconde clé est facturée 200 euros… Aïe !

La bonne nouvelle (enfin bonne compte tenu des tarifs des voitures en 2026), c’est que la petite Born (celle à batterie LFP de 58 kWh) s’échange contre 36 570 €. La batterie NMC de 79 kWh est accessible dès 42 570 €. Ensuite, c’est vous qui optez ou non pour les packs selon la compatibilité avec la version choisie.

Alors kiffe ou pas ?

J’ai vraiment beaucoup aimé cette Cupra Born. Elle est plaisante à regarder et à conduire. Elle est bien conçue et on s’y sent confortable. Le système multimédia est enfin efficace. Les sièges Sabelt de la version VZ sont un délice pour le dos et le son Sennheiser du miel pour les oreilles. Sur la route, c’est une GTI avec une réactivité et un comportement qui donnent envie d’en prendre le volant. Elle a du mal à freiner sans le régénératif et le popotin se veut joueur lorsque les 325 ch sont sollicités sans crier gare. Mais c’est aussi ce qui fait le blason VZ. Puis une version plus posée existe.

Elle est une chouette alternative à une Model 3 (par exemple). Mais il faudra passer outre le prix de 53 756 € et se rendre en concessions. Car Cupra a tendance à appliquer de bonnes remises. Cela reste cependant un budget conséquent et il faut faire l’impasse sur la charge 800V.

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Notre avis

Cinq ans après son lancement, la Born est enfin la voiture qu'elle aurait dû être dès le départ. Cupra a coché à peu près toutes les cases qui clochaient : ergonomie, multimédia, efficience, finition, châssis. Et la recette fonctionne : on tient là un petit kart monovolume, plaisant à regarder, plaisant à conduire, dont le son Sennheiser et les sièges Sabelt finissent de faire pencher la balance.
Reste deux ombres au tableau. La première est mécanique : ces freins sous-dimensionnés qu'on espère voir corrigés en cours de carrière. La seconde est commerciale : la grille tarifaire et la longue liste d'options indispensables (pompe à chaleur en tête) qui font grimper la VZ à 53 756 €. À ce prix-là, la concurrence ne manque pas (Tesla Model 3 en première ligne) et l'absence de charge 800 V se paie cash sur autoroute.
Cupra ayant la main lourde sur les remises, le tarif réel devrait redescendre. À ce moment-là, et seulement à ce moment-là, la Born VZ deviendra une vraie bonne affaire. Et un sacré pied à conduire.
Note : 8.5  /  10

Les plus

  • Un régal à conduire (propulsion + sensation de kart + châssis réglé aux oignons)
  • Format monospace donc pas d'angle mort et un design qui change
  • Sièges baquets Sabelt CupBucket
  • Son Sennheiser (certes à 700€) mais qui est une merveille
  • Ergonomie enfin revue et fini les boutons haptiques
  • Android Automotive avec affichage de Waze/Maps dans le compteur
  • Conso au top
  • Autonomie
  • V2L
  • Design réussi
  • Les peintures Cupra

Les moins

  • Freins clairement sous-dimensionnés : il faut compter sur le régénératif pour compenser
  • Pas de charge 800 V : 29 minutes annoncées de 10 à 80 %
  • Manque un peu d'espace aux jambes et de hauteur à l'arrière
  • Pompe à chaleur en option à 1 100 €
  • Tarif VZ qui grimpe vite avec les options : 53 756 € avant remises
  • Train arrière joueur qu'il faut savoir gérer en conduite appuyée

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