Mieux qu’un Tamagotchi : une boule animée XXL, dotée de deux grands yeux expressifs, qui roule toute seule dans votre salon, reconnaît votre voix et celle de chaque membre du foyer, réagit aux caresses, sent quand vous approchez et qui, accessoirement, tient un journal de bord de ses interactions avec vous depuis sa petite caméra intégrée. Entre l’épisode de Black Mirror et le futur, Noa et Niko sont les deux nouveaux robots domestiques de Switchbot.
La marque japonaise jusqu’ici connue pour ses petits robots domotiques, vient d’opérer un virage à 180°. Le 12 mai dernier à Tokyo, l’entreprise a officialisé Kata Friends, qu’elle présente comme une nouvelle catégorie de robots compagnons. Sous leur design rond et pelucheux, les Kata Friends embarquent un modèle de langage en local, qui leur permet de comprendre la parole et de répondre sans dépendre en permanence d’une connexion internet.
Côté hardware, on est plus proche du robot domestique miniature que de la peluche. Le boîtier embarque des caméras, des micros, des détecteurs d’obstacles, des roues motorisées qui lui permettent de se déplacer seul dans la maison et de retourner à sa base de recharge sans intervention humaine. Douze zones tactiles sont réparties sur le corps, et permettent de différencier un câlin d’une simple tape. SwitchBot évoque également une reconnaissance vocale des émotions, censée détecter l’humeur de l’utilisateur à travers le ton de sa voix, et une mémoire qui permet à chaque Kata Friend de réagir différemment selon le membre du foyer qu’il a en face.

Le détail le plus troublant tient sans doute dans ce que le fabricant appelle son « journal partagé ». Le robot consigne ses interactions du jour, photos à l’appui. La frontière entre le jouet et la caméra de surveillance est de plus en plus fine.
600 € pièce, et 300 € par an
C’est peut-être là que le bât blesse. SwitchBot annonce un prix de lancement de 599,99 €. À ce tarif, on s’attend logiquement à ce que tout soit inclus. Sauf qu’il faudra visiblement compter sur un abonnement supplémentaire annuel facturé 299,99 €, qui permettra d’accéder à l’ensemble des fonctionnalités logicielles et de maintenance.
Cette logique est devenue la norme dans l’écosystème des objets connectés, et elle infuse désormais le marché émergent des compagnons IA. Le modèle économique se construit moins sur la vente du produit que sur la dépendance émotionnelle qu’il génère, ce qui rend la résiliation autrement plus douloureuse que celle d’un abonnement Netflix.
Reste la question que SwitchBot ne pose évidemment pas : qu’est-ce que ces objets, capables de cartographier nos intérieurs, de filmer nos journées et de cataloguer nos humeurs, vont faire de toutes ces données sur la durée ? Le traitement local rassure sur le papier, mais l’historique du secteur ne dupe personne.
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