En 2026, la contraception repose encore en très grande majorité sur les femmes. Une charge mentale qui persiste, alors même que de plus en plus d’alternatives voient le jour chez les hommes. Après la pilule contraceptive et l’implant masculin, un nouveau dispositif vient élargir les possibilités contraceptives sur le marché. Cet outil, baptisé STEOM et présenté comme un stérilet masculin vient tout juste d’être présenté par l’équipe qui l’a fait naître au CHU de Lille, après quatre années de recherche. Une première mondiale, qui pourrait bien transformer le marché de la fertilité en France.
Entre le stérilet et la vasectomie
Là où la vasectomie consiste à sectionner les canaux déférents (les voies par lesquelles les spermatozoïdes circulent depuis les testicules), le STEOM se contente de les obstruer mécaniquement. « C’est vraiment le pendant du stérilet féminin, le mode de fonctionnement est le même », résume Jessica Schiro, chargée de mission recherche au CIC-IT dans Le Point. Concrètement, la pose nécessite une seule incision d’environ un centimètre au niveau du scrotum, sous anesthésie locale. Pas de pansement à retirer, pas de point à enlever : la cicatrisation se fait seule. La douleur ne dépasserait pas celle d’une pose d’implant chez la femme. Et la réversibilité, point central qui distingue le STEOM de la vasectomie, est totale.
L’avantage du dispositif, en plus de sa réversibilité, réside dans sa simplicité de pose : il ne mesure que quelques centimètres, peut être posé en quinze minutes, fonctionne sans hormones, et reste efficace trois ans.
Une révolution… en théorie
Les premiers prototypes doivent être implantés sur des chiens dans le cadre d’essais précliniques menés en partenariat avec l’Université de Liège, en Belgique. Si tout se déroule comme prévu, la première implantation humaine, dans le cadre d’une étude clinique encadrée, est attendue en 2030. La commercialisation grand public, elle, n’est pas envisagée avant 2033 au plus tôt, le temps de boucler les évaluations d’innocuité sur la fertilité et la sexualité, puis de passer les tests obligatoires de la réglementation européenne en matière de dispositifs médicaux. Il faudra patienter sept à dix ans, donc, avant que le STEOM ne se retrouve potentiellement disponible en pharmacie.
En attendant, ce sont les femmes qui assument la charge contraceptive. La Haute Autorité de santé recense pour les hommes trois méthodes disponibles : le préservatif, la vasectomie et la méthode thermique, dite du slip chauffant, qui peine à sortir de la marge. Pour les femmes, l’éventail est sans commune mesure : pilule, stérilet hormonal ou au cuivre, implant, patch, anneau, injection, diaphragme… Les lignes bougent, lentement mais sûrement : un rapport d’EPI-PHARE, l’organisme de pharmacoépidémiologie commun à l’ANSM et à l’Assurance maladie, documente une hausse spectaculaire des vasectomies en France, avec une multiplication par quinze en une douzaine d’années.
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