Nous avons tous cette personne dans notre entourage qui termine une soirée d’été avec quinze piqûres sur les jambes quand tout le monde s’en sort presque indemne. Cette personne, c’est peut-être même vous. Pendant longtemps, on a mis ça sur le compte de la malchance, de la consommation de sucre ou encore de la transpiration. Pourtant, la science suggère qu’il existe une explication biologique derrière cette injustice estivale.
Selon plusieurs travaux scientifiques récents, le moustique tigre en particulier ne choisirait pas ses victimes au hasard. En effet, les études montrent que les personnes du groupe sanguin O seraient particulièrement concernées. Celle publiée dans le Journal of Medical Entomology a montré que les moustiques se posaient sur les individus de groupe O dans 83 % des cas, contre seulement 47 % pour ceux du groupe A.
En pratique, ils détectent des signaux chimiques présents à la surface de la peau. Environ 85 % des individus sécrètent naturellement des molécules qui révèlent indirectement leur groupe sanguin. Pour le moustique tigre, c’est un peu comme si certaines personnes portaient un panneau lumineux indiquant la nature du repas disponible.
Pas qu’une histoire de sang
Le groupe sanguin n’est toutefois qu’une pièce du puzzle. D’autres facteurs jouent un rôle important. Les moustiques sont notamment attirés par le dioxyde de carbone que nous expirons. Les sportifs après un effort, les femmes enceintes ou les personnes en surpoids peuvent donc devenir des cibles privilégiées simplement parce qu’ils rejettent davantage de CO2.
La chaleur corporelle, certaines molécules présentes dans la transpiration ou encore les bactéries qui vivent naturellement sur notre peau influencent également notre attractivité pour les moustiques. Deux personnes du même groupe sanguin peuvent ainsi attirer des quantités très différentes d’insectes.
Le fléau des étés
Le moustique tigre est désormais implanté dans la grande majorité des départements français et peut transmettre plusieurs maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika. En 2025, la France a enregistré une forte hausse des cas autochtones de chikungunya, preuve que le phénomène n’est plus réservé aux régions tropicales.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des moyens efficaces de limiter les risques. Première règle, éliminer toutes les eaux stagnantes autour du domicile, où les moustiques pondent leurs œufs. Deuxième règle, privilégier les vêtements couvrants lors des périodes à risque.
Enfin, méfiez-vous des gadgets miracles. Les bracelets anti-moustiques, les applications à ultrasons ou les appareils censés repousser les insectes par magie n’ont pas démontré une efficacité convaincante. Les spécialistes recommandent plutôt les répulsifs contenant du DEET, de l’icaridine ou de l’IR3535, dont l’efficacité est scientifiquement validée. Et si vous êtes du groupe O ? Disons simplement que vous avez désormais une excellente excuse pour vider la moitié de votre bombe anti-moustiques à chaque barbecue même si ça étouffe tout le monde.
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