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Après l’interdiction des réseaux sociaux aux ados, ce pays voisin impose un couvre-feu

L’Europe s’attaque désormais au sommeil des 16-17 ans avec un couvre-feu numérique.

Minuit sonne, et l’écran va s’éteindre. C’est en tout cas l’idée derrière la dernière mesure annoncée par le gouvernement britannique pour encadrer l’usage des réseaux sociaux chez les adolescents. Sauf qu’entre la théorie et la réalité, il y a un monde. Ce mardi 14 juillet, le gouvernement britannique a confirmé la mise en place d’un couvre-feu numérique pour les 16-17 ans, entre minuit et 6 heures du matin. Passé cet horaire, l’accès aux plateformes sociales comme TikTok, Instagram, Snapchat, YouTube ou Facebook sera automatiquement suspendu.

Cette mesure vient s’ajouter à l’interdiction pure et simple des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, déjà annoncée en juin et dont l’entrée en vigueur est prévue début 2027. Les autorités britanniques prévoient également d’encadrer l’usage des chatbots basés sur l’intelligence artificielle par les mineurs, avec des pauses régulières imposées aux moins de 18 ans.

Une solution bancale

Sur le papier, la ministre du Numérique, Liz Kendall, justifie la mesure en rappelant qu’un adolescent de 16 ou 17 ans devrait, à cette heure-là, être en train de dormir plutôt que de doomscroller sur les réseaux sociaux. Au-delà du blocage nocturne, le texte prévoit aussi que les plateformes désactivent par défaut certaines fonctionnalités jugées les plus addictives.

Le hic, et il est de taille, c’est que ce réglage par défaut pourra être désactivé par les utilisateurs eux-mêmes. Autrement dit, un adolescent motivé n’aura besoin que de quelques secondes pour contourner l’ensemble du dispositif depuis les paramètres de son téléphone. Une faille suffisamment évidente pour que l’opposition s’attaque au projet gouvernemental.

Le Royaume-Uni, nouveau laboratoire européen de la régulation

Cette annonce s’inscrit dans un mouvement bien plus large, initié par l’Australie qui est devenue en décembre le premier pays au monde à interdire totalement les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Depuis, d’autres pays ont emboîté le pas. La France, elle, planche sur une proposition de loi fixant la majorité numérique à 15 ans, portée par la députée Laure Miller et soutenue par Gabriel Attal, actuellement examinée à l’Assemblée.

Reste que le Royaume-Uni pousse le curseur un cran plus loin en s’attaquant non seulement à l’âge d’accès, mais aussi au rythme d’usage. Une approche à double détente qui traduit un changement de logique : il ne suffit plus de fermer la porte aux plus jeunes, il faut aussi réaménager les réseaux sociaux de l’intérieur.

L’efficacité réelle de ce genre de dispositif reste toutefois à démontrer. Comme pour la vérification d’âge sur les sites pour adultes, les outils de contournement existent déjà et ne demandent qu’à être utilisés. Londres mise donc autant sur l’effet dissuasif du dispositif que sur son étanchéité réelle.

Les grandes lignes du texte doivent être présentées au Parlement dans les prochaines semaines, avant une mise en œuvre qui devrait suivre le même calendrier que l’interdiction totale aux moins de 16 ans, soit début 2027. D’ici là, les plateformes concernées ont un peu de temps pour trouver comment rendre leurs réglages par défaut un peu moins faciles à ignorer.

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