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Le gaz atteint son plus haut niveau historique en France, il va falloir payer

Le mois prochain, le prix repère du gaz grimpe de 7,4 %. Pour les 10,34 millions de foyers raccordés, la facture annuelle atteint un niveau jamais vu.

Mercredi 10 juin 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a officialisé une hausse de 7,4 % du Prix Repère de Vente de Gaz au 1er juillet 2026. Pour les 10,34 millions de foyers français raccordés au réseau de gaz, la question n’est plus de savoir si la facture augmente, mais de combien. Jamais le gaz n’avait coûté aussi cher en France depuis la création de l’indicateur de référence. Pour un foyer qui se chauffe au gaz et consomme environ 11 200 kWh par an, la facture annuelle pourrait atteindre les 1 789 €, soit 300 € de plus en moyenne qu’en 2024.

Double peine pour les usagers

Ce mois-ci, deux composantes de la facture évoluent simultanément, ce qui est inhabituel. La part fourniture d’abord, qui reflète le prix d’achat du gaz sur les marchés de gros : la CRE la calcule à 80 % sur les cotations du mois précédent et à 20 % sur les contrats trimestriels. La guerre, en menaçant les approvisionnements de gaz transitant par le détroit d’Ormuz, avait fait bondir les tarifs européens et contribué à la hausse record de 15,4 % enregistrée en mai.

La part acheminement augmente aussi cet été. Avec la révision annuelle du tarif de distribution du gaz, les coûts d’acheminement jusqu’aux compteurs progressent de 5,87 % au 1er juillet. Cette composante représente environ un tiers de la facture d’un foyer chauffé au gaz, et c’est précisément là que se trouve la mauvaise surprise de ce mois-ci : la hausse de l’acheminement s’applique à tous les abonnés, y compris ceux qui avaient souscrit une offre à prix bloqué.

2,7 € sur la facture de juillet, mais un contexte qui pèse lourd

La CRE prend soin de relativiser l’impact immédiat : 2,70 € TTC en moyenne sur la facture de juillet pour les consommateurs indexés au Prix Repère. Une hausse minime, liée aux chaleurs estivales qui s’installent : en plein été, la chaudière ne tourne pas. La consommation se limite à l’eau chaude et à la cuisson. Reste à voir comment les tarifs évolueront cet hiver. Car le vrai sujet est moins dans l’augmentation de la facture de juillet que dans les prochaines. L’Europe a remplacé le gaz russe par du gaz qatari et américain depuis 2022, mais cette diversification a un coût : le continent reste exposé à la volatilité des marchés mondiaux. Le prix de référence du marché a flambé jusqu’à 54,3 €/MWh lors des pics de tensions militaires au printemps, avant de se stabiliser autour de 50 €/MWh. Les stocks européens se reconstituent depuis, mais les acheteurs tentent de sécuriser les approvisionnements avant l’hiver.

Pour les consommateurs, c’est peut-être le moment de changer de fournisseur.

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