Un pays de 1,3 million d’habitants, coincé entre la Russie et la mer Baltique est en train de redéfinir les standards mondiaux de l’identité numérique. Pendant que d’autres États (la France) hésitent encore à donner une utilité réelle à la CNI dématérialisée, l’Estonie vient de lancer une nouvelle génération de carte d’identité électronique capable de se mettre à jour à distance, sans remplacement physique du document.
Une carte d’identité qui évolue avec les menaces
Ce qui distingue cette nouvelle génération de l’existant n’est pas tant son esthétique que ce qui se passe à l’intérieur. Les composants logiciels embarqués dans la puce peuvent être mis à jour à distance. En clair : si une faille de sécurité est découverte ou si les standards cryptographiques évoluent, les cartes déjà en circulation peuvent être corrigées sans obliger les citoyens à refaire leurs démarches. Une idée tellement évidente qu’on se demande pourquoi personne ne l’avait appliquée avant à grande échelle.
Le français Thales assure l’ensemble des opérations en coulisses : émission, personnalisation, gestion du cycle de vie, conformité au règlement eIDAS (le cadre européen encadrant les services d’identification électronique). Le projet prévoit de couvrir de nombreux titres officiels : cartes d’identité nationales, titres de séjour, cartes diplomatiques, certificats pour les demandeurs de protection internationale… La carte fonctionne comme avant, et sert de clé d’accès aux services en ligne, à la signature électronique, aux services bancaires, aux démarches de santé, aux portails administratifs, et au passage aux frontières via les portiques automatisés.
L’Estonie, le seul pays qui prend le quantique au sérieux avant que ce soit urgent
La Commission européenne fait office d’exemple en matière de dématérialisation, avec l’objectif de migrer tous les usages critiques vers le numérique d’ici 2030, et généraliser le processus d’ici 2035. Reste que l’Estonie est l’un des pays les plus avancés au monde sur la question. Le pays a commencé à numériser ses services publics dans les années 1990, juste après son indépendance, en choisissant délibérément de ne pas reproduire les infrastructures administratives héritées de l’ère soviétique. Une trajectoire qui finit par payer à l’échelle internationale.
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