Depuis l’arrivée de ChatGPT, tout le monde se demande quel impact l’IA générative aura sur l’emploi. Et Anthropic, le créateur du chatbot Claude, a développé une nouvelle méthode, plus proche de la réalité, pour répondre à cette interrogation. Présentée en mars, cette nouvelle méthode permet de mesurer de manière plus précise le risque de déplacement de l’emploi par l’intelligence artificielle. Au lieu de s’appuyer uniquement sur les capacités théoriques de l’intelligence artificielle à automatiser des tâches dans un secteur d’activité, “l’exposition observée” d’Anthropic s’appuie sur les données de Claude pour savoir si ces capacités théoriques sont réellement utilisées.
Et la conclusion d’Anthropic, en mars, était que l’IA était encore loin d’exploiter tout son potentiel théorique. Par exemple, alors que l’IA générative a déjà d’importantes capacités en calcul et en codage, l’étude a estimé que Claude ne couvre encore que 33 % de toutes les tâches dans la catégorie “Informatique et Mathématique”. Le diagramme ci-dessous, publié par l’entreprise, montre la différence entre les capacités théoriques de l’intelligence artificielle (en bleu), et l’utilisation de celle-ci observée sur Claude, dans différents secteurs d’activité.

Un écart entre les capacités théoriques et l’utilisation réelle
“Certaines tâches théoriquement possibles peuvent ne pas être mises en œuvre en raison des limitations des modèles. D’autres peuvent être lentes à se diffuser en raison de contraintes légales, d’exigences logicielles spécifiques, d’étapes de vérification humaine ou d’autres obstacles”, explique le créateur de Claude. Par ailleurs, Anthropic indique que depuis fin 2022 (le lancement de ChatGPT), il n’a pas encore observé d’augmentation systématique du chômage chez les travailleurs exposés au déplacement de leur métier par l’IA.
Mais, en même temps, celui-ci admet qu’il y a un ralentissement de l’embauche des jeunes dans les secteurs les plus concernés. Sinon, Claude explique aussi que, plus la technologie évolue, plus les points rouges de son graphique se rapprocheront des points bleus. D’ailleurs, la technologie d’Anthropic (et celles de ses concurrents) a beaucoup évolué depuis la publication de cette étude. Récemment, celui-ci a lancé une nouvelle catégorie d’IA appelée Mythos/Fable, dont les performances sont très élevées (à un point où il a fallu brider celles-ci dans certains domaines, par précaution).
Quels sont les métiers les plus exposés ?
En se basant sur cette mesure de l’exposition “observée”, Anthropic a également publié la liste des métiers les plus exposés à l’intelligence artificielle. Et, sans surprise, la programmation est en première place, suivie des personnes qui travaillent dans le service à la clientèle.

L’entreprise note également qu’il y a 30 % de travailleurs qui n’ont aucune (“zéro”) exposition par rapport à l’IA. Parmi ces les métiers les plus protégés, il y a celui de cuisinier, de réparateur de motos, de maître-nageur, de plongeur, etc.
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