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Canicule au travail : voici 3 choses que votre employeur doit faire obligatoirement

Depuis juillet 2025, la loi a durci les règles. En cas de vague de chaleur, votre employeur a plusieurs obligations.

Chaque année, la même question revient dans les open spaces mal climatisés et sur les chantiers en plein soleil : à quoi est vraiment tenu l’employeur quand le thermomètre s’emballe ? Depuis le 1er juillet 2025, le Code du travail a introduit un chapitre entièrement dédié à la prévention des risques liés à la chaleur, qui est désormais considérée comme un risque professionnel à part entière, au même titre que le bruit ou les produits chimiques. Vu les chaleurs qui font fondre la France depuis quelques jours, voici ce que vous pouvez exiger.

C’est Météo-France qui commande

C’est le premier changement structurant du nouveau dispositif, et il est loin d’être anodin. Les seuils fixes ne font plus office de valeurs repères. Ce qui déclenche désormais les obligations de l’employeur, ce sont les niveaux de vigilance de Météo-France. Dès le passage en vigilance jaune (pic de chaleur intense sur une ou deux journées), orange (canicule) ou rouge (canicule extrême), les obligations s’appliquent, quelle que soit la température relevée sur le lieu de travail.

En pratique, cela signifie que l’employeur doit surveiller quotidiennement la carte de vigilance de Météo-France pendant la période estivale et adapter son organisation en conséquence.

Eau, pauses, local frais : le minimum syndical

Concrètement, les obligations de l’employeur s’articulent autour de plusieurs axes. Le premier, et le plus élémentaire, concerne l’eau. En l’absence d’eau courante sur le lieu de travail, l’employeur doit fournir au minimum trois litres d’eau potable et fraîche par jour et par salarié, gratuitement.

Ensuite, les locaux fermés doivent être maintenus à une température adaptée à l’activité des travailleurs. Cela implique de renouveler l’air, d’installer des brumisateurs, des ventilateurs ou des pare-soleil, et de s’assurer que les équipements de protection individuelle sont compatibles avec les fortes chaleurs.

L’employeur doit également mettre à disposition un local de repos adapté aux conditions climatiques, permettre des pauses supplémentaires pendant les pics de chaleur, et adapter les horaires si nécessaire, notamment en limitant les tâches physiques en extérieur entre 11h et 16h lors des vigilances orange et rouge.

Deux catégories de travailleurs font l’objet d’une attention renforcée. Les travailleurs vulnérables, femmes enceintes, personnes âgées, malades ou en situation de handicap, doivent bénéficier de mesures de prévention spécifiques. Les moins de 18 ans ne peuvent tout simplement pas être affectés à des postes les exposant à des températures extrêmes.

Droit de retrait, télétravail… que pouvez-vous exiger ?

Le droit de retrait existe dans le Code du Travail, mais il ne s’applique pas automatiquement dès qu’il fait chaud. La chaleur seule ne suffit pas à le déclencher. La situation doit être évaluée au cas par cas, en tenant compte de l’intensité de la chaleur, de la nature du poste, de l’état de santé du salarié et des mesures de prévention déjà en place.

Quant au télétravail, il ne peut pas être exigé par le salarié, même en pleine canicule. C’est à l’employeur de l’autoriser s’il le juge pertinent. Pour les entreprises du BTP en revanche, le régime est différent : dès le passage en vigilance orange, les salariés bénéficient automatiquement du dispositif de chômage intempéries et sont indemnisés en cas d’arrêt de chantier.

Les sanctions en cas de manquement sont loin d’être symboliques. Une amende pouvant atteindre 10 000 € par salarié concerné, portée à 30 000 € et un an d’emprisonnement en cas de récidive. Si votre employeur ne respecte pas les règles, rappelez-vous (ou rappelez-lui) que vous pouvez saisir l’Inspection du travail ou le CSE pour faire valoir vos droits.

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