Les Perséides du mois d’août volent généralement toute l’attention médiatique et celle des amateurs d’étoiles filantes, comme les Géminides du mois de décembre : elles sont sans doute les plus connues. Mais nous avons la chance, en France, de pouvoir en admirer d’autres, même si elles sont moins abondantes que leurs célèbres aînées. Les Astéréides de mai, par exemple, sont pourtant considérées comme la pluie de météores diurne la plus généreuse de l’année dans l’hémisphère Nord, mais également les Bootides de juin.
Une pluie imprévisible, souvent faible, mais qui atteindra son pic ce week-end, le 26 et le 27 juin, observable depuis la France métropolitaine jusqu’au 2 juillet. Si vous avez manqué les Astéréides, c’est le moment de vous rattraper ; dans le confort de la nuit cette fois, avec des températures (beaucoup) trop douces par rapport aux normales de saison.
Les Bootides : des poussières capricieuses
Les Bootides naissent des débris laissés en suspens dans le sillage d’une comète, baptisée 7P/Pons-Winnecke, dont le nuage de poussière et de glace croise la trajectoire de notre planète annuellement à la fin du mois de juin. Leur signe le plus caractéristique est leur lenteur : elles traversent l’atmosphère à environ 13 à 14 km/s. Qu’on s’entende, c’est une vitesse très rapide, mais les Perséides, elles, nous bombardent à une vitesse moyenne de 59 km/s.
Lorsqu’on les observe, au lieu d’apercevoir de brefs flashs aveuglants, les Bootides dessinent des traînées longues et paresseuses qui restent accrochées au ciel plusieurs secondes.
Leur autre signe distinctif, c’est qu’elles sont complètement imprévisibles et peuvent passer d’un calme plat une année à un véritable feu d’artifice céleste. Pour cette année, l’American Meteor Society a prévu un taux horaire zénithal (nombre maximal théorique d’étoiles filantes visibles en une heure, sous un ciel parfaitement noir et avec la pluie de météores juste au-dessus de soi) peu actif, mais la pluie pourrait produire entre deux et une centaine de météores par heure lors de ses rares sursauts.
L’année 1998 fut la plus prolifique, avec plus de 100 météores par heure, mais rien ne nous dit que le cru 2026 sera aussi généreux.
Comment les observer en France ?
Le radiant de la pluie se trouve dans la constellation du Bouvier : c’est vers le nord-est du ciel qu’il faudra orienter votre regard. Contrairement à la majorité des essaims, les Bootides se prêtent mieux à une observation en début de soirée, dès que le ciel s’obscurcit, aux alentours de 22 h 30 en France métropolitaine.
Vous n’avez pas forcément besoin d’endurer des heures de veille : une ou deux heures dehors, loin de la pollution lumineuse, vous suffiront. Dans l’Hexagone, nous sommes assez chanceux, puisque nous disposons de sept réserves internationales de ciel étoilé (RICE), labellisées par DarkSky International, des spots d’observation privilégiés. Le Parc national des Cévennes, le Vercors, le Mercantour, Millevaches en Limousin, les Landes de Gascogne, le Pic du Midi de Bigorre et le Morvan, sont parfaits pour une immersion totale
Si vous n’êtes pas à proximité de l’une d’entre elles, ne vous en faites pas : bien que ces zones soient la crème de la crème, n’importe quel champ ou colline suffisamment éloignée des agglomérations fera l’affaire. Laissez vos yeux s’adapter à l’obscurité une vingtaine de minutes, rangez sagement votre téléphone dans votre poche, et installez-vous confortablement sur une couverture ou une petite chaise de camping. Si vous n’avez pas de boussole avec vous et que le sens de l’orientation vous manque, repérez la Grande Ourse : prolongez simplement la courbe de son manche vers le bas pour tomber pile sur Arcturus, l’étoile hyper brillante qui marque le cœur de la zone à observer. Dernier point à anticiper : la pleine lune tombe le 30 juin, ce qui signifie que les nuits du 26 et 27, la Lune sera en phase de Gibbeuse croissante et brillera intensément. Tournez-lui le dos autant que possible pour ne pas gêner votre adaptation à l’obscurité. Avec un peu de chance, vous décrocherez votre première étoile filante de l’été !
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