Chaque été, les groupes WhatsApp de parents s’emballent, les enfants croisent les doigts pour tomber avec leurs copains, et les enseignants restent stoïques. Depuis quelques années, le RGPD est régulièrement invoqué pour justifier le fait que les compositions de classe ne soient plus affichées sur les façades des écoles. Officiellement, le règlement européen prévoit de protéger les données sensibles des enfants (c’est le cas de leurs noms et prénoms, mais aussi de leur date de naissance). Le problème, c’est qu’afficher les listes détaillées des classes contrevient à cette protection.
Le sharenting, qui consiste pour les parents à partager la vie de leur progéniture sur les réseaux sociaux, est d’autant plus problématique lorsqu’il concerne d’autres enfants qui n’ont pas consenti à ce partage. Malheureusement, de plus en plus d’adultes ont pris l’habitude de poster les listes de classes sur leurs comptes personnels, affichant à la vue de tous les noms et prénoms des enfants de toute la classe.
Le RGPD n’interdit pas de connaître la classe en avance, seulement son affichage
Contrairement à une idée largement répandue, le règlement général sur la protection des données ne dit nulle part qu’un établissement n’a pas le droit de communiquer à des parents la classe de leur enfant. La CNIL est même limpide sur ce point : la publication des listes de classes est une « pratique usuelle et utile », qui poursuit deux objectifs légitimes : faciliter l’organisation des familles et permettre à l’élève de se projeter dans le groupe où il passera l’année.
Ce que le RGPD encadre, en revanche, c’est la manière de le faire. Afficher une liste d’élèves, c’est un traitement de données à caractère personnel, soumis depuis 2018 aux mêmes règles que n’importe quel fichier nominatif. Et le point de friction se situe précisément sur la vieille tradition de l’affichage public. C’est ce risque qui a poussé plusieurs académies à interdire l’affichage sauvage des noms complets sur la grille de l’école a vocation à disparaître. À la place, la CNIL recommande de privilégier un affichage à l’intérieur du bâtiment, de se limiter au prénom suivi d’une initiale, ou de prévenir les familles par courriel ou via l’espace numérique de travail. Les parents peuvent d’ailleurs s’opposer à l’affichage public du nom de leur enfant.
Une question d’organisation
Si beaucoup de familles restent dans le flou jusqu’au jour J, ce n’est pas la faute du règlement européen. C’est surtout qu’aucun texte n’oblige un établissement à communiquer la composition des classes avant la rentrée. Et les raisons de ce silence sont d’abord organisationnelles. C’est pour éviter les demandes de modifications et les déceptions liées à d’éventuels changements de dernière minute que les écoles se gardent d’afficher les listes en avance.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.