Passer au contenu

Coupe du monde 2026 : 400 sites de streaming pirate coupés d’un seul coup

Le streaming illégal vient d’encaisser le tacle le plus brutal de son histoire, et la France prépare déjà le sien.

L’offensive est vertigineuse. En plein cœur de la Coupe du monde 2026, l’univers du streaming sportif illégal vient d’encaisser le tacle le plus brutal de son histoire, orchestré depuis Washington.

« Operation Offsides »

Le département américain de la Justice a annoncé cette semaine la saisie de près de 400 sites diffusant illégalement, et en temps réel, les matchs du Mondial. Baptisée « Operation Offsides », soit « opération hors-jeu », l’action a été coordonnée par le National Intellectual Property Rights Coordination Center, avec l’appui du réseau international ICHIP, spécialisé dans la cybercriminalité et la propriété intellectuelle. Désormais, les adresses concernées ne sont plus accessibles.

Le changement d’échelle est spectaculaire. Lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le même type de coup de filet n’avait emporté que 78 sites. On parle donc cette fois d’une opération cinq fois plus massive, qui ne s’est pas arrêtée aux frontières américaines : des serveurs et des domaines liés au streaming illégal ont été ciblés au Pérou et en Bulgarie, deux plaques tournantes bien connues du streaming illégal, mais aussi en Croatie, en Roumanie, en Pologne et en Colombie.

Pour viser juste, les autorités n’ont pas travaillé seules. La FIFA elle-même a participé à l’identification des domaines, épaulée par un casting de poids lourds des médias et du divertissement. Quelques jours plus tôt, c’est la plateforme PirloTV qui avait perdu 44 de ses domaines, fermés par les autorités mexicaines et plusieurs organisations antipiratage. À elles seules, ces adresses totalisaient plus de 950 millions de visites par an.

Et en France ?

Si l’opération américaine paraît lointaine, la France n’est pas en reste. Depuis le coup d’envoi du Mondial le 11 juin, l’Arcom déploie un dispositif inédit de blocage en temps réel. Fini le blocage par nom de domaine, qui permettait aux sites de rouvrir aussitôt sous une autre extension : le régulateur vise désormais directement les serveurs source. Dès qu’un flux pirate est repéré, son adresse IP est transmise à Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom, qui doivent couper l’accès en quelques minutes, parfois en plein match.

La méthode est plus efficace, mais elle n’est pas sans dégâts collatéraux. En neutralisant un serveur entier, l’Arcom risque aussi de débrancher au passage des sites parfaitement légaux hébergés sur la même infrastructure. Il faut dire que l’enjeu se compte en millions d’euros, avec un manque à gagner estimé à 290 millions d’euros par an, selon le régulateur.

Rappelons que sur les 104 matchs du tournoi, seuls 54 ont été ou s’apprêtent à être diffusés gratuitement sur M6, le reste étant réservé aux abonnés beIN Sports. Un paywall qui explique en partie pourquoi tant de supporters continuent de chercher des liens pirates, au risque de leur sécurité.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode