Si vous pensiez que l’arrêt des disques chez PlayStation allait créer un mouvement de répit pour le prix des contenus numériques, détrompez-vous. Les abonnements de jeu vidéo n’en finissent plus de grimper et ce n’est pas le PlayStation Plus qui va contredire le phénomène.
Après les consoles, les jeux à 80 euros et les accessoires toujours plus coûteux, Sony vient justement de rouvrir le dossier du prix de son service, sans annoncer de hausse immédiate, mais sans vraiment fermer la porte à de futurs ajustements non plus.
Lors d’une séance de questions-réponses organisée en juin, les dirigeants de PlayStation ont expliqué vouloir continuer à équilibrer “la valeur du service” et son coût pour les joueurs. Une formulation de phrase assez classique, mais qui devient plus parlante lorsque Sony précise utiliser plusieurs leviers pour améliorer la rentabilité de PS Plus. On parle de prix, de répartition entre les différentes formules et de coût d’acquisition des jeux intégrés au catalogue.
Le PS Plus est devenu un pilier rentable pour Sony
PlayStation Plus n’est plus seulement le service qui permet de jouer en ligne sur PS5. Depuis sa refonte en 2022, il se décline en trois formules. Essential, qui donne accès au multijoueur, aux jeux mensuels, au stockage cloud et à des réductions. La formule Extra ajoute un vaste catalogue de jeux PS4 et PS5, tandis que l’option Premium complète l’offre avec des classiques, des essais de jeux et le cloud gaming selon les pays.
Sony insiste surtout sur un chiffre. En effet, 40 % des abonnés seraient désormais inscrits aux formules supérieures, Extra ou Premium. Pour le constructeur, cela prouve que les joueurs sont prêts à payer davantage pour accéder à un catalogue plus large. Le groupe affirme également que PS Plus a atteint un niveau de rentabilité record durant son exercice fiscal 2025.
C’est une bonne nouvelle pour Sony, évidemment. Pour les joueurs, le message est un peu plus complexe. Lorsqu’un service devient aussi rentable et que les formules les plus chères gagnent du terrain, il est difficile d’imaginer que l’entreprise renoncera durablement à revoir ses prix à la hausse.
Une augmentation très récente, déjà oubliée ?
Le contexte rend cette prise de parole particulièrement délicate. Sony a déjà augmenté les tarifs de PlayStation Plus dans plusieurs régions le 20 mai dernier. Pour les nouveaux abonnés, ou les joueurs dont l’abonnement expire ou change de formule, le mois d’Essential est passé de 8,99 à 9,99 euros, tandis que l’offre trimestrielle est passée de 24,99 à 27,99 euros. Les abonnés existants conservent leur ancien tarif tant qu’ils ne modifient pas ou ne laissent pas expirer leur abonnement.
Ce n’est pas la première fois que PlayStation augmente le prix de son service. En 2023, Sony avait déjà fortement relevé le prix des abonnements annuels. Essential était passé à 71,99 euros, Extra à 125,99 euros et Premium à 151,99 euros en France. À l’époque, Premium avait subi la hausse la plus brutale, avec 40 euros supplémentaires sur un an.
Le problème est que le PS Plus ne fonctionne pas exactement comme le Game Pass. Sony continue de réserver ses grandes exclusivités, comme Spider-Man ou God of War, à une vente classique au lancement. Les abonnés paient donc surtout pour le multijoueur, un catalogue tournant et quelques jeux mensuels, sans bénéficier systématiquement des nouveautés PlayStation dès le premier jour.
L’abonnement devient-il un luxe ?
Sony n’est pas seul. Nintendo a récemment revu certains prix de son abonnement Switch Online, tandis que Microsoft continue de modifier la structure et les tarifs de Game Pass. Mais la logique reste inquiétante car les joueurs sont encouragés à multiplier les services, alors que les prix augmentent partout en parallèle.
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