Le jeu vidéo physique est-il en train de disparaître plus vite que prévu ? PlayStation a annoncé vouloir arrêter la production de disques pour ses jeux first-party à partir de janvier 2028. Une information qui marque un tournant majeur pour l’industrie. Car derrière cette décision, ce n’est pas seulement la fin des boîtes PlayStation qui se profile, mais potentiellement une nouvelle manière d’acheter, de conserver et de transmettre ses jeux.
À première vue, les conséquences paraissent simples, mais elles sont bien plus complexes que ce qu’on pense. Voici ce qui devrait réellement changer pour les joueurs dans les prochaines années.
Les jeux tiers ne sont pas concernés… pour l’instant
Il faut d’abord faire une distinction essentielle. Cette décision ne concernerait que les jeux publiés directement par PlayStation. On parle donc des productions des studios maison comme God of War, The Last of Us, Spider-Man, Horizon ou encore les futurs projets de Naughty Dog et Santa Monica Studio.
Les éditeurs tiers, eux, ne sont pour l’instant engagés à rien. Electronic Arts, Ubisoft, Capcom, Square Enix, Take-Two ou Activision pourraient continuer à publier leurs jeux en boîte sur les consoles PlayStation s’ils le souhaitent.
Mais dans les faits, la décision de Sony pourrait avoir un effet domino. PlayStation reste l’une des plateformes les plus puissantes économiquement du marché. Si le constructeur cesse lui-même de produire des disques, les éditeurs tiers pourraient être tentés de réduire progressivement leurs propres investissements dans le physique, notamment pour limiter les coûts de fabrication, de distribution et de stockage.
Le marché ne bascule pas du jour au lendemain. Mais lorsqu’un acteur aussi important change de direction, les autres finissent rarement par l’ignorer. Tout comme GTA 6 pourra influencer les prochaines grilles tarifaires des jeux AAA à l’avenir. Le fait que PlayStation s’y prenne un an et demi à l’avance pour annoncer sa décision est un signal fort pour le reste de l’industrie de se préparer au changement.
La PS6 sans lecteur de disque ? Pas forcément
Cette annonce ne signifie pas automatiquement que la PS6 sera vendue sans lecteur de disque. Elle rend toutefois cette hypothèse beaucoup plus crédible. Sony a déjà testé cette stratégie avec la PS5. La console existe en version standard avec lecteur Blu-ray, mais aussi dans une version numérique. Plus récemment, la PS5 Slim et la PS5 Pro ont adopté un lecteur de disque amovible, vendu séparément.
PlayStation pourrait donc parfaitement reproduire ce modèle avec la PS6. Une console vendue sans lecteur de base, avec la possibilité d’en acheter un à part pour les joueurs qui possèdent encore des jeux physiques. Mais une question se pose immédiatement : quel serait l’intérêt de continuer à vendre ce lecteur si les nouveaux jeux, y compris ceux de PlayStation, n’existent plus en disque ?
Il resterait évidemment utile pour les films Blu-ray, les DVD, les anciens jeux et les éditeurs tiers qui continueraient à produire des versions physiques. N’oublions pas que Sony est un géant dans l’univers cinématographique également et que les lecteurs DVD ne sont plus le standard pour tous ceux qui investissent dans ce média. La firme a donc encore intérêt à garder ses lecteurs sur console, ne serait-ce que pour les futures copies de Spider-Man : Brand New Day que les fans acheteront sans doute à sa sortie. Mais à mesure que les sorties sur disque diminueront, ce périphérique deviendra un produit de niche, réservé à une partie de plus en plus réduite du public.
La rétrocompatibilité physique en danger
Le sujet le plus inquiétant concerne probablement la rétrocompatibilité. Il est très probable que la PS6 permette de jouer aux jeux PS5, et peut-être même à une partie du catalogue PS4. Sony a déjà fait de gros efforts sur ce terrain avec la PS5, qui accepte une immense majorité des jeux PS4. Mais cette compatibilité ne servirait pas à grand-chose aux joueurs possédant des dizaines de disques si la future console ne propose aucun lecteur.
Sans disque, impossible de lancer une collection physique accumulée depuis des années. Il faudrait alors racheter certains jeux en dématérialisé, espérer qu’ils soient encore disponibles sur le PlayStation Store ou se contenter de conserver son ancienne console.
C’est aussi une question de préservation. Les jeux numériques dépendent de serveurs, de licences et de boutiques en ligne qui peuvent fermer ou retirer des titres à tout moment. PlayStation l’a déjà rappelé récemment en supprimant des centaines de films achetés par des utilisateurs sur son store. Un disque n’est pas toujours une garantie absolue, surtout à l’ère des mises à jour obligatoires, mais il reste une forme de possession beaucoup plus concrète.
Nintendo apparaît aujourd’hui comme le dernier grand constructeur réellement attaché au support physique, malgré les Game Key Cards de la Switch 2 qui ne contiennent parfois qu’une clé de téléchargement. Les cartouches coûtent pourtant bien plus cher à produire que les disques PS5 ou Xbox, mais la demande existe toujours.
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