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Des files d’attente monstrueuses dans les aéroports à cause du nouveau contrôle européen

Le nouveau système européen Entry/Exit System devait moderniser les contrôles aux frontières de l’espace Schengen. Pour l’instant, il provoque surtout de longues files d’attente, des passagers coincés avant l’embarquement et des compagnies aériennes qui demandent à Bruxelles un peu de souplesse.

Le bon vieux tampon sur le passeport avait un avantage : il ne demandait pas de redémarrer une borne. Depuis le lancement du nouveau système européen de contrôle aux frontières, l’Entry/Exit System (EES), plusieurs aéroports découvrent que la modernisation peut aussi avoir un goût de bouchon géant.

Des avions à moitié vides, des passagers coincés

Ce système, pleinement opérationnel depuis avril dans l’espace Schengen, remplace le tampon manuel des passeports. Il enregistre le nom du voyageur, les informations de son passeport, ses empreintes digitales, son visage, ainsi que la date et le lieu d’entrée et de sortie. Il vise les ressortissants de pays tiers, comme les Britanniques et les Américains.

Sur le papier, l’EES doit renforcer la sécurité et rendre les passages plus fluides à terme. Dans plusieurs terminaux, c’est moins évident. Airports Council International Europe, Airlines for Europe et l’Association internationale du transport aérien ont écrit à Ursula von der Leyen pour prévenir que la situation avait atteint un « point critique ». Selon ces organisations, la mise en œuvre actuelle crée des « conséquences opérationnelles graves » et met les aéroports, les compagnies et les autorités frontalières sous une pression « insoutenable ».

Les représentants du secteur évoquent des temps d’attente pouvant atteindre cinq heures lors des pics de trafic. Ils affirment même que des portes d’embarquement ferment alors que des avions ne sont remplis qu’à moitié, une partie des passagers étant toujours bloquée au contrôle des frontières. Pas idéal pour commencer ou terminer ses vacances.

À Berlin, la patronne de l’aéroport, Aletta von Massenbach, parle d’une situation « pas supportable pendant l’été ». Dans un terminal utilisé notamment par Ryanair et Wizz Air, les voyageurs non européens peuvent patienter entre une et deux heures. Elle pointe aussi la complexité du dispositif : chaque pays utilise ses propres sous-systèmes, ce qui ne facilite pas vraiment la fluidité.

Même constat au port de Douvres, où les contrôles français sont effectués côté britannique. Une nouvelle zone avec 84 bornes pour enregistrer empreintes et photos est prête, mais inutilisée, la technologie n’étant pas encore activée. Les compagnies et les aéroports ne réclament pas l’abandon de l’EES. Ils demandent plutôt la possibilité de le suspendre temporairement quand les infrastructures n’arrivent plus à suivre.

La Commission européenne assure de son côté que « tous les efforts » sont faits pour limiter l’impact sur les voyageurs hors UE. Elle estime que les problèmes restent limités dans la plupart des aéroports, et renvoie une partie des difficultés aux États membres, qui n’auraient pas toujours prévu assez de gardes-frontières, d’infrastructures ou d’équipements.

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Source : BBC

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