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L’IA pourra-t-elle vraiment guérir toutes les maladies d’ici 10 ans ?

Le patron d’Anthropic s’avance un peu beaucoup sur l’évolution de l’intelligence artificielle dans la médecine.

Depuis son avènement il y a quelques années déjà, l’intelligence artificielle promet régulièrement de bouleverser notre quotidien en intégrant tout ce qu’elle peut. Mais lorsqu’elle s’attaque à la médecine, les prédictions et les promesses deviennent particulièrement vertigineuses. Dario Amodei, le patron d’Anthropic, estime que l’IA pourrait permettre de traiter ou prévenir la plupart des maladies humaines d’ici cinq à dix ans.

Le dirigeant de l’entreprise derrière Claude reprend ici une idée qu’il développait déjà dans son essai Machines of Loving Grace, publié en 2024. Selon lui, des systèmes d’IA suffisamment performants pourraient accélérer considérablement les progrès en biologie. On parle de découverte de médicaments, de la compréhension des maladies génétiques, de la lutte contre les infections ou encore le développement de nouveaux traitements contre le cancer.

Dario Amodei imagine notamment une réduction massive de la mortalité liée aux cancers et des avancées importantes contre Alzheimer ou certaines autres maladies génétiques. Il reconnaît cependant que le cancer ne constitue pas une maladie unique et que certaines formes particulièrement agressives pourraient rester extrêmement difficiles à traiter.

Le chemin reste long (et hypothétique)

Dans le domaine de la médecine, l’IA est déjà utilisée pour analyser d’immenses quantités de données biologiques, pour identifier des molécules prometteuses ou pour étudier les interactions entre certaines protéines. Anthropic a par exemple présenté Claude Science, un environnement destiné aux chercheurs et capable de travailler avec de nombreuses bases de données scientifiques.

Mais une découverte réalisée avec une IA n’est pas encore un traitement. Il faut ensuite vérifier les résultats en laboratoire, réaliser des essais précliniques puis cliniques, démontrer l’efficacité et la sécurité du traitement et obtenir les autorisations nécessaires avant de pouvoir commercialiser quoi que ce soit.

Donc même une IA capable d’accélérer considérablement la recherche ne peut pas supprimer les contraintes physiques et scientifiques de la médecine. Et heureusement car c’est cette prudence qui garantit la sécurité des patients touchés.

L’IA en mauvaise posture

Dans les domaines créatifs, l’utilisation de l’intelligence artificielle provoque déjà des tensions autour du droit d’auteur, de l’utilisation d’œuvres sans consentement, de la rémunération des artistes et de la place du travail humain. Dans la recherche scientifique, les modèles peuvent également produire des erreurs ou des résultats convaincants mais faux, ce qui impose une vérification humaine d’autant plus rigoureuse.

Il existe aussi un coût beaucoup plus concret. L’empreinte environnementale de l’IA est absolument désastreuse. Les centres de données nécessaires à l’entraînement et au fonctionnement des modèles consomment énormément d’électricité et peuvent également nécessiter d’importantes quantités d’eau pour leur refroidissement.

Cela ne signifie évidemment pas que l’IA ne pourra pas transformer la médecine. Elle pourrait effectivement permettre aux chercheurs de gagner un temps considérable et d’explorer des pistes auparavant impossibles à analyser. Mais entre accélérer la recherche médicale et “guérir la plupart des maladies humaines”, il existe un monde de différences.

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