La vie de 528 millions d’individus est peut-être sur le point de changer. L’arthrose, cette maladie articulaire qui s’exprime par la destruction du cartilage avec douleurs et perte de mobilité, pourrait bientôt être de l’histoire ancienne. Des chercheurs américains de l’université du Colorado se penchent actuellement sur la question et ont mis au point deux innovations majeures dans le domaine médical pour traiter l’arthrose.
La première consiste en une injection directement dans l’articulation. Celle-ci transmet un médicament dont les composants agissent sur plusieurs mois et dont les premiers résultats sont visibles dès les premières semaines. Selon les études réalisées sur des animaux, les articulations arthrosiques ont retrouvé un état sain entre quatre et huit semaines.
Pour les cas les plus avancés, les scientifiques ont mis au point un biomatériau injecté directement dans les tissus endommagés, qui va se solidifier et attirer les cellules réparatrices de l’organisme, afin de favoriser la reconstruction du cartilage. Là encore, d’après les premiers résultats, ils ont assisté à une régénération et une récupération complète.
Ces techniques, qui ont coûté 33,5 millions de dollars de développement, ont été mises en pratique en seulement deux ans et l’objectif maintenant va être de maintenir ses résultats positifs sur plusieurs essais pendant dix-huit mois. Si les tests se confirment après ce laps de temps, alors les premiers tests sur l’homme pourront être effectués. “Notre objectif n’est pas seulement de traiter la douleur et de stopper la progression de la maladie, mais de l’éradiquer”, a expliqué Stéphanie Bryant, professeure de génie chimique et biologique à l’université.
L’arthrose, la maladie articulaire du siècle ?
Néanmoins, l’étude n’a pas encore été soumise à une relecture indépendante de la méthodologie et de la conclusion et certains spécialistes émettent des doutes quant à la viabilité de celle-ci sur un véritable genou vivant. De plus, les 18 mois de latence ne concernent que la phase 1 des tests et que le parcours des phases 2 et 3 peut aller jusqu’à plusieurs années pour s’assurer de la sécurité du patient sur le long terme. Dans le meilleur des cas, les injections pourraient ne pas arriver sur le marché avant 2030.
Aujourd’hui, les personnes souffrant d’arthrose doivent se contenter d’antalgiques, ou, dans les cas les plus sévères, d’une chirurgie avec pose de prothèse. Dix millions de Français sont actuellement concernés. Le problème est d’autant plus urgent que la maladie prend de l’ampleur et que l’on peut s’attendre à une augmentation drastique des personnes touchées d’ici les deux prochaines décennies. Un phénomène expliqué par le vieillissement de la population et la pratique sportive de plus en plus répandue, provoquant notamment l’arthrose du genou avec l’âge. Ramener le problème à une injection et, surtout, l’éliminer complètement au lieu de le ralentir est une avancée majeure dans le domaine de la santé.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.