Square Enix, Capcom, Konami… les studios de jeu vidéo font comme les copains d’Hollywood et n’hésitent plus à fouiller leurs placards. C’est bien connu, c’est dans les vieux pots… Final Fantasy VII, Metal Gear Solid Delta : Snake Eater, Resident Evil, si ça a cartonné hier, pourquoi ne pas (re)laisser sa chance au produit avec l’expérience et les cartes graphiques en plus ? Dans ce contexte, Ubisoft veut prouver qu’il n’est pas qu’un studio à la dérive et qu’il est aussi capable de partir à l’abordage des tendances. Et pour cela, quoi de mieux qu’Assassin’s Creed Black Flag Resynced ?
Assassin’s Creed Black Flag Resynced Edition de Lancement
On voit venir les fans de la licence (que nous sommes) : pourquoi lancer les hostilités avec le quatrième opus et non par un Altaïr ou un Ezio, dont la popularité résiste aux années ? Parce que l’océan, mon grand ! Sorti en 2013, le monde ouvert de Black Flag n’avait alors aucune mesure avec ses prédécesseurs et le personnage d’Edward Kenway est du pain béni pour qui rêve de parcourir des îles paradisiaques en dépouillant Anglais et Espagnols, loin du crédo des assassins. De notre point de vue, Black Flag était le seul opus où on voulait d’abord être un pirate avant d’être un assassin. Et des jeux nous permettant d’incarner un bandit des mers, réussis qui plus est, il n’y en a pas mille.

On ne va pas vous refaire ici toute la généalogie de la licence, car soit vous la connaissez, soit vous n’êtes pas là pour ça. De toute manière, le nouveau menu principal connecté au célèbre Animus vous permet d’accéder à tous les autres titres AC en votre possession par une frise chronologique et du reste, à la façon d’un Kenway, on a envie de vous dire que ce n’est pas le sujet. La seule vraie question étant : faut-il investir dans Assassin’s Creed Black Flag Resynced alors qu’Ubisoft s’excuse encore pour Shadows ?
Black Flag est un vrai canon !
Sachez que pour les besoins de ce test, on a remonté notre PlayStation 3 de la cave, on a soufflé la poussière de la galette et on a relancé le Black Flag original. Le constat est sans appel : on comprend pourquoi le jeu a mis une claque à l’époque et il faut reconnaître que treize ans après, il a encore visuellement de beaux restes.
Mais rien de comparable avec cette nouvelle version ! Resynced s’inscrit légitimement à l’époque des next-gen et l’intégralité du titre s’est vu offrir un ravalement de façade sur chaque aspect visible. Ubisoft a utilisé son moteur graphique maison Anvil Pipeline pour uniformiser l’apparence du jeu avec celle d’Assassin’s Creed Shadows et répondre aux standards des triples A actuels. Notamment en ce qui concerne l’absence d’écran de chargement (une horreur en 2013).

Le ray tracing, l’éclairage, les cycles jour/nuit, la météo dynamique, les textures, on s’émerveille facilement à la redécouverte des environnements tout en en explorant des nouveaux, comme la possibilité maintenant de pouvoir plonger dans les fonds marins à loisir.
Si côté villes, les capacités graphiques permettent désormais d’afficher bien plus de PNJ à l’écran pour offrir de véritables lieux de vie lorsque l’on parcourt les ruelles, c’est bien sur le plan de la navigation que la refonte brille le plus. L’expérience acquise par le studio et la concurrence en matière de rendu de l’eau se voit à l’écran, chaque mouvement de bateau ou chaque explosion se répercutant immédiatement sur la ligne de flottaison. Les batailles navales ou contre les forts gagnent en cinématographie avec des scènes particulièrement spectaculaires lorsque l’on se retrouve à échanger des civilités en pleine tempête.

On note néanmoins que l’héritage du Black Flag original résiste parfois au temps, car si les personnages principaux ont tous gagné en redéfinition, on retrouve encore pas mal de visages figés ou de bugs d’affichage. Comme si, faute de pouvoir donner naissance intégralement au bébé, Ubisoft avait choisi ses combats et avait préféré l’élever du mieux qu’il peut.
Un gameplay entre tradition et modernité
Là encore, Assassin’s Creed Black Flag Resynced n’entend pas réinventer la roue et les équipes d’Ubisoft Montréal ont préféré trouver un équilibre entre ce qui marchait en 2013 et ce qu’il fallait rajouter de 2026. Bonne nouvelle pour les puristes, le virage RPG pris par la saga disparaît quasiment entièrement ici (on ne la retrouve qu’au détour de certaines statistiques d’armes discrètes). Edward est capable de tout, y compris sauter latéralement ou en se retournant, sans avoir besoin de débloquer une compétence. Dès les premières heures, on peut presque accomplir tout ce qu’il sera possible de faire dans la suite du jeu.

Les combats ont gagné en dynamisme par rapport au titre original, bien que l’on retrouve cette mécanique d’attaque/parade. Plusieurs mouvements ont été ajoutés à notre personnage, comme la capacité de filer un bon coup de pied pour briser une défense, ou de balayer un ennemi. L’utilisation du pistolet a gagné en réalisme avec un rechargement moins permissif et des armes comme la corde ont trouvé une fonction supplémentaire. Côté suppression, il n’est plus possible de récupérer les armes des adversaires ou de combattre avec notre lame d’assassin. De même, les QTE face à la faune passe à la trappe.
En bref, on a le sentiment de retrouver tout ce que l’on aimait dans Black Flag, mais en version 2.0 avec des modifications qui ne plairont peut-être pas aux puristes, mais que l’on trouve bienvenues.
Et le scénario dans tout ça ?
Exit les phases dans le présent, on ne décolle plus de Kenway, ce qui libère de l’espace scénaristique. Resynced rajoute une petite dizaine d’heures de quête (en prenant son temps), notamment autour des nouveaux membres d’équipage qui accompagneront Edward dans son aventure. Des phrases de dialogue ont également été rajoutées ici et là dans l’histoire principale pour apporter davantage d’épaisseur aux personnages et à leurs relations. Et puis il y a la possibilité d’avoir un chat sur le bateau et ça on aime !

On note, néanmoins, deux changements majeurs susceptibles de modifier notre approche des affrontements. La première est enfin la possibilité de pouvoir s’accroupir ! Cela peut paraître bête tant la fonction est en place depuis des années, mais en rejouant à l’opus de 2013, on a vite compris combien cette fonctionnalité pouvait manquer.
La seconde se situe au niveau des combats marins, aussi impressionnants à voir que techniques à maîtriser, avec des navires n’hésitant pas à employer différentes stratégies pour vous couler, surtout à plusieurs, et une précision améliorée. L’IA, en règle générale, est plus adaptative et donc coriace au combat groupé, là où elle peut encore être ridiculement aveugle sur les phases d’élimination discrète.
Du contenu un peu boulet
Au début, on s’enflammait un peu sur le monde ouvert d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced avec ses jeux de taverne, sa flottille, les capacités de personnalisation, la chasse aux templiers… avant de réaliser que tout ceci se retrouvait déjà dans le contenu de 2013.

En réalité, ce nouveau titre est davantage destiné aux novices ou aux nostalgiques déjà convaincus, tant le contenu diffère assez peu de son modèle malgré les belles promesses d’Ubisoft. On se retrouve à faire quasiment exactement la même chose que la première fois, dans un univers “simplement” plus beau et plus fourni. On est loin d’une prise de risque à la Final Fantasy VII même si on apprécie la propreté du remake.
En l’état, ce Resynced fonctionne davantage comme un rappel. Un rappel de ce qui faisait de Black Flag le meilleur jeu autour de la piraterie en 2013 et un rappel de ce qui fait de ce nouveau titre le meilleur jeu autour de la piraterie en 2026. Mais plus que les souvenirs, on se dit qu’il aurait mérité d’être un véritable renouveau, il y avait l’espace. Un océan d’espace.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced Edition de Lancement
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