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Drones sous-marins en Méditerranée, qu’est ce que la France surveille vraiment ?

Dix robots silencieux qui planent en meute à 1 000 mètres de fond, sans le moindre moteur : la France vient de lancer l’une des explorations sous-marines les plus ambitieuses de son histoire au large de la Méditerranée.

Une meute de dix robots sous-marins qui planent de concert jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, sans le moindre moteur : la scène se déroule en ce moment au large de Villefranche-sur-Mer, une commune du PACA, et elle marque le coup d’envoi d’un vaste programme national de cartographie des fonds marins lancé par le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS).

Ces drones, on les appelle les SeaExplorer, ce sont des planeurs sous-marins. Durant un mois, ils arpenteront les fonds marins de la Méditerranée, entre la Corse et la France, avec pour objectif d’analyser cette portion de la “mer au milieu des terres” et de constituer un atlas de données environnementales inédit.

L’opération est menée par le CNRS en collaboration avec la société Alseamar, filiale du groupe Alcen et spécialiste des technologies sous-marines, pour l’une des plus importantes escouades d’appareils autonomes jamais mobilisées par la France.

Un petit bijou de technologie au service de la Méditerranée

L’engin est un petit condensé de composantes à la pointe à la technologie. Estimé à 250 000 euros l’unité, il embarque dix capteurs. Cinq sont dédiés à l’acoustique tandis que les cinq autres mesureront les paramètres physiques et biologiques. Capables de rester autonome durant 125 jours, les SeaExplorer ne se déplacent qu’en meute, de façon synchronisée, à près de 1 000 mètres de profondeur.

Seaexplorer Payload Scaled
© ALSEAMAR

Toutefois, leur particularité réside dans le fait qu’ils n’ont pas de moteur classique. Ils avancent en modifiant leur flottabilité, ce qui leur permet de planer dans la colonne d’eau en ne consommant que très peu d’énergie. “En combinant une technologie de pointe, une facilité d’utilisation et une fiabilité dans la collecte de données précises, le SEAEXPLORER 1000 est une référence pour la recherche océanographique”, explique ALSEAMAR sur son site internet.

Concrètement, ces “espions” sous-marins n’auront donc pas de réelle utilité militaire. Ils vont principalement observer les réactions du plancton face aux petits tourbillons et aux perturbations marines, ainsi que l’influence de ces phénomènes sur le bruit.

Un programme national de grande ampleur

La France ne devrait toutefois pas se limiter à cette seule exploration des fonds de la Méditerranée. Le projet s’inscrit dans le plan d’investissement France 2030, présenté par Emmanuel Macron en 2021, et qui devrait notamment aller bien au-delà des frontières méditerranéennes.

Ce plan, doté de 54 milliards d’euros au total, comprend notamment un volet consacré à l’exploration des mers et des océans. Evalué à plusieurs centaines de millions d’euros, il permettra à l’été 2028 d’explorer le golfe du Lion, situé au large des régions d’Occitanie et du PACA. Le projet s’intéressera ensuite à la Polynésie française en 2029, et ce, afin de constituer un vaste répertoire servant de base pour mieux comprendre l’univers marin.

Voici ce sur quoi travailleront exactement les capteurs du SeaExplorer :

  • Surveillance acoustique passive (PAM) : bruit ambiant, surveillance des mammifères marins
  • Biogéochimie : santé des océans et surveillance des écosystèmes, plancton, cycle des nutriments, variabilité climatique, etc.
  • Gaz dissous : acidification des océans, cycle du carbone, détection des suintements naturels, oxygénation des océans, etc.
  • Océanographie physique : transformation de l’eau, courants océaniques, profondeurs des couches mixtes, dynamique saisonnière, tempêtes, etc.

 

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