Engwe n’en est pas à son coup d’essai dans l’univers de la trottinette électrique. Il y a bien eu quelques modèles « vite faits » comme on dit. Mais l’arrivée de la Y1000 venant chapeauter la gamme montre que la marque, habituée aux vélos électriques, a changé de braquet (vélo, braquet, vous l’avez ?). Je dois vous avouer qu’en voyant la fiche technique en face d’un prix sous les 1000€ et après avoir testé la iScooter iX5s, je m’attendais à être déçu. Ou plutôt, je ne m’attendais à rien. J’ai eu sacrément tort !

Des caractéristiques impressionnantes sur le papier
Sur le papier (et pour 999 euros voire 898 au moment où j’écris ces lignes), l’Engwe Y1000 offre littéralement tout ce que souhaite quelqu’un qui veut rouler longtemps, confortablement et en toute légalité :
- Double moteur (1200W en crête X 2)
- Large deck
- Éclairage puissant
- Freinage hydraulique avec disques de 160 mm
- Amortisseurs à ressort
- Batterie phénoménale annonçant 100 km d’autonomie
- Système de verrouillage par carte NFC
- Clignotants et feu de stop
- Éclairage néon à plusieurs couleurs sous le deck
- Poids mesuré : 35,3 kg (bien réparti d’ailleurs grâce aux 2 moteurs)
- Hauteur de deck : 25 cm
- Hauteur du guidon depuis le deck : 103 cm
- Largeur de deck : 19 cm
- Longueur de deck avec repose-pied : 58 cm
- Surface de deck : 0,11 m2
- Verrouillage par badge NFC ou code
- Taille des roues : 10 pouces
- Largeur des pneus : 10 cm
Un dessin réussi et modernisé
Enfin Engwe modernise ses modèles. Au programme, un design nettement plus désirable que les trucs à poignées vissées et amortisseurs cheap apparents. Désormais, tout est plus propre et nettement mieux conçu, à commencer par le système de verrouillage et de pliage.
Ce n’est pas parfait, notamment l’accroche un peu lâche du guidon à l’attache sur le deck et la béquille fébrile. Mais ce sont bien les seuls points à corriger qui restent tout à ait acceptables.
Le deck est large et le repose pied fait l’a taille d’un studio parisien. Les LED sous le deck sont configurables pour être bien visible de nuit. Feu arrière aux clignotants intégré, guidon légèrement incurvé, poignées qualitative, énorme feu avant puissant à deux niveaux.

Même le contrôleur fait l’objet d’un soin particulier et l’écran, immense est légèrement inclinable. J’ai même eu la place d’y greffer des rétroviseurs et un support de smartphone. Désormais, la Engwe Y1000 existe en noir mais également en argenté.
Rien à dire. Même le chargeur est qualitatif. Allez, on reprochera le cache de la fiche de recharge.

Les pneus de 10 pouces font limite petits. Mais à l’instar des TV, on s’habitue vite à plus grand.

Sur le terrain : c’est bluffant de réussite, à un petit détail près
La prise en main de la Y1000 nécessite un peu de bras pour le poids. Voilà le détail, car les 35 kilos de l’engin se font sentir, y compris lorsqu’on la pousse.
Le rayon de braquage reste bon, grâce aux roues de 10 pouces. J’aurais préféré du 12 mais je chipote. Les pneus sont adhérents sur le sec, avec un bon grip. Sur sol mouillé, ça reste correct, mais il faudra y aller mollo sur la gâchette d’accélération et activer les deux roues motrices pour plus de tranquillité. Chose étonnante, ce n’est pas du tubeless. Mais le pneu est si épais qu’à moins de rouler sur des clous, il y a peu de chances de crever. Dommage de ne pas avoir eu une structure plus adaptée à la route et à l’asphalte. Les crampons sont un poil gros et les structures trop profondes.

La gâchette d’accélérateur est correctement calibrée et ne crée pas d’effet ON/OFF. Elle utilise le pouce. C’est différent des modèles de même catégorie chez Dualtron et autres Teverun dont le contrôleur se sert de l’index.

Le phare offre des feux de croisement et des feux de route. Il est puissant et son spectre est large. Notez la présence de clignotants toutefois pas super reconnaissables (ils sont rouges et non orange et intégrés au feu arrière).
Un freinage hydraulique au top
Outre le fait qu’un système de freins à disque hydraulique surpasse tous les systèmes mécaniques (donc non hydrauliques), celui de l’Engwe Y1000 est particulièrement bien calibré. Progressivité, mordant, équilibre. Et cerise sur le gâteau : ils étaient parfaitement réglés au déballage.

Attention tout de même : en cas de freinage d’urgence, le système est si mordant qu’il peut vous faire partir en soleil si vous ne mettez pas tout votre poids sur l’arrière. Dites-vous que le passage de 25 km/h à l’arrêt complet se fait en 2,6 m. C’est excellent et 1,5 m de moins qu’une trottinette équivalente dotée de freins à disque mécaniques.

Il n’y a pas de frein moteur. Tenez-le pour acquis. Vous allez donc user de la plaquette si vous roulez comme un bourrin. J’ai changé celle du modèle d’essai après seulement 200 km. Mais j’ai effectué de nombreux freinages d’urgence pour les besoins du test. Vous pourrez faire le double. Les plaquettes sont trouvables sur le site du constructeur ou chez Aliexpress (mais la trottinette est fournie avec un jeu de rechange).
Deux moteurs parfaitement calibrés pour tout grimper
C’est évidemment la grande force de cette trottinette. Pour un tel tarif, vous disposez de deux moteurs. Chaque roue est motrice et ça offre plus de puissance, de couple et surtout d’adhérence. Anecdote : en prenant un virage sur les quais de Seine pour rejoindre le centre, je suis passé sur une flaque fraichement laissée après le nettoyage de la route. L’arrière a glissé, mais l’avant a gardé le grip et j’ai pu rétablir la trottinette. Notez que l’activation des deux roues motrices se fait via une touche dédiée. Inutile de s’arrêter ou d’utiliser un mode spécifique. Vous pouvez rouler en Eco, Drive ou Sport dans cette configuration.
Les deux moteurs offrent un chouette équilibre côté poids. Mais ils offrent surtout la possibilité de tout grimper en maintenant 25 km/h. C’est « oufissime ». J’ai notamment une pente bien raide (sur laquelle on prend 50 km/h en 7 secondes en se laissant descendre en roue libre), que la Y1000 a montée à 25 km/h sans souffrir et sans voir le moteur se mettre en sécurité à cause de la surchauffe (pourtant il faisait 34 °C dehors). C’est beau ! Sachez que pour le moment, aucune autre trottinette (à part la Dualtron Victor Dual Motor) n’a réussi cet exploit.
J’ai également apprécié la gestion de la limite à 25 km/h. Sur bon nombre d’engin, on a un effet désagréable de poussée qui se coupe en permanence. Pas ici. Engwe a bien géré la chose. Pour info, je n’ai lu que les caractéristiques techniques avant de réaliser mon essai. Ce n’est qu’à la rédaction sur le site que j’ai découvert qu’Engwe avait mis l’accent sur cette linéarité. Les moteurs réussisent à maintenir une vitesse constante sans réajustement permanent. C’est fluide et donc super agréable. Et cela est possible grâce à un contrôleur qualitatif.
Nous avons là un outil de mobilité performant. Et la bonne nouvelle, c’est que l’autonomie est également excellente (vous le verrez plus loin). La puissance totale ne baisse qu’une fois la batterie passée sous la barre des 10 %. Et encore, de peu.

Le 0 à 25 km/h se fait en 4 secondes. Ce n’est ni trop puissant, ni trop faible. Notez que la vitesse minimum de départ peut être réglée à 0 km/h. Perso, je la laisse à 3 km/h pour éviter les problèmes en cas d’appui accidentel sur la gâchette d’accélération.
Notez la présence d’un régulateur de vitesse activable depuis l’application. Ce n’est pas nouveau (ça existe depuis des lustres ailleurs), mais pour un engin capable de couvrir de longues distances comme ce modèle, c’est très reposant pour le pouce (surtout en hiver, quand il gèle).
Point qui peut être négatif cependant : comme expliqué plus haut, la Y1000 n’a pas de freinage magnétique. Donc en descente, elle peut allègrement dépasser les 25 km/h. Ce n’est pas le fait du moteur (donc elle est totalement légale et homologuée), mais de la gravité. Les freins gèrent cela sans problème, mais ne vous faites pas avoir en pensant freiner à la dernière minute.
Une application qui galère un peu, un GPS intégré et un verrouillage NFC
Dans ce monde, rien n’est parfait. Engwe a développé une application pour les contrôler tous ses véhicules (vélos et trottinettes). Nommée Engwe (logique), elle permet de régler à peu près tout ce qu’on veut : éclairage sous le deck, vitesse de démarrage du moteur, le régulateur de vitesse.
Il y a même un GPS intégré ! Une fois la destination choisie, le guidage se fait sur l’écran de la trottinette. Je n’ai pas réussi à connaître l’API utilisée, mais le système fonctionne correctement, sous réserve de bien le lire (et donc de respecter la distance indiquée).
Livrée avec trois badges NFC, la Y1000 permet également un verrouillage par code. Mais elle n’intègre pas de système de traçage GPS. Il faudra lui greffer un Airtag discrètement.
Cerise sur le gâteau (après tout, nous sommes un site geek), le design du GPS met une claque à la concurrence.
NDLR : je pensais qu’il s’agissait de Here Maps (l’ancien logiciel de Nokia), mais c’est MapBox.
Un bel écran mal optimisé
L’écran est joli. Il affiche plein d’informations avec une police d’écriture trop petite. Mais il en manque deux essentielles : l’heure et le pourcentage d’autonomie restante. On se contente de 5 traits représentant chacun 20 %. Enfin, l’heure affichée indique le temps d’utilisation totale de la trottinette et non l’horaire.

Autonomie : un chameau
Qui veut voyager loin gave les réserves de sa monture, devrait dire l’adage. Avec une batterie de 1170 Wh, elle offre 84 km d’autonomie en utilisation à deux moteurs. On parle bien de 84 km de moyenne réelle, avec la valeur basse à 77 km (mais j’avais multiplié les essais du moteur en pente) et une valeur haute à 96,7 km (j’espérais atteindre les 100 km mais non).
Donc si vous pesez autour des 60 kg, avec un seul moteur, il est possible de dépasser les 100 km. Toutefois, l’usage d’un seul moteur plutôt que des deux n’apporte pas de gain significatif, puisqu’il sera alors plus souvent à puissance max (énergivore). Les deux moteurs combinés sont forcément moins sollicités et donc plus régulièrement à leur puissance nominale.
Le chargeur 4 A permet une recharge complète (de 5 % à 100 %) en 6 heures.
Verdict : la meilleure trottinette légale sous les 1000 euros ?

La surprise est grande. Un engin puissant, légal (et homologué) , endurant en titillant les 100 km avec une seule charge, doté d’un freinage hydraulique efficace et qui se paie le luxe d’avoir un style réussi. Excepté une connexion de l’application capricieuse et des pneus non tubeless, il n’y a rien à lui reprocher, surtout à ce tarif. Elle est le meilleur choix sous les 1000 euros, en attendant de voir ce que la Navee XT5 Ultra a dans le ventre et la batterie.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.
























