Les promesses d’Elon Musk n’engagent que ceux qui y croient. Dans un échange sur son réseau social, le patron de SpaceX a prédit que des milliers de milliards de dollars seraient un jour investis dans la propulsion à antimatière, une technologie qui permettrait théoriquement de voyager vers d’autres systèmes stellaires. Jared Isaacman, l’administrateur de la NASA, a semblé approuver l’idée.
Beaucoup de promesses, très peu d’antimatière
Sur le papier, c’est séduisant. L’antimatière est le pendant de la matière ordinaire : à chaque particule correspond une antiparticule, dotée de propriétés proches mais d’une charge opposée. Quand les deux se rencontrent, elles s’annihilent et convertissent leur masse en énergie. Le rendement est quasiment total, ce qui explique pourquoi ce concept fascine depuis longtemps les physiciens comme les auteurs de science-fiction.
Une propulsion basée sur ce principe produirait environ 10 milliards de fois plus d’énergie par unité de masse que la combustion chimique utilisée par les fusées actuelles, et quelque 300 fois plus que la fusion nucléaire. Autrement dit, un vaisseau pourrait théoriquement aller beaucoup plus vite, plus loin, et emporter davantage de charge utile avec beaucoup moins de carburant.
Le problème, c’est que l’antimatière ne se trouve pas en bidons au fond d’un hangar. Des laboratoires comme le CERN savent en produire, mais en quantités minuscules, très insuffisantes pour propulser quoi que ce soit. La produire à grande échelle serait déjà un immense chantier. La stocker en serait un autre, car elle ne doit surtout pas entrer en contact avec la matière ordinaire.
Même en réglant ces petits obstacles, il faudrait encore concevoir un moteur capable de contrôler l’énergie dégagée par l’annihilation matière-antimatière. Pour l’instant, tout cela reste donc largement théorique. Ce n’est pas une technologie cachée dans les cartons de SpaceX, prête à jaillir au prochain lancement de Starship. La NASA a déjà soutenu des recherches théoriques sur la propulsion à antimatière, mais elle ne finance pas actuellement le développement d’un système de ce type. L’intérêt affiché par Jared Isaacman pourrait ouvrir une porte, ou simplement montrer qu’il garde un œil sur les technologies très avancées.
Dans l’immédiat, l’agence spatiale américaine a des priorités beaucoup plus concrètes : ramener des astronautes sur la Lune avec Artemis, puis préparer les futures missions vers Mars. Les étoiles voisines attendront. Quant aux prédictions d’Elon Musk, rappelons que si certaines ont fini par prendre forme, d’autres ont pris beaucoup de retard, et quelques-unes se sont évaporées en chemin.
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