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La Russie prête à faire exploser une bombe nucléaire dans l’espace ?

Un satellite russe tourne en silence sur l’orbite la plus radioactive de la Terre, là où personne ne va jamais. Les scientifiques du MIT ont une théorie sur ce qu’il transporte, et elle fait froid dans le dos.

Un satellite russe tourne autour de la Terre sur une orbite que personne n’emprunte, dans une zone si radioactive qu’elle n’a aucun intérêt scientifique. Sauf un, glaçant : c’est l’endroit idéal pour faire exploser une arme thermonucléaire.

Ce satellite s’appelle Cosmos 2553 et il inquiète jusqu’aux plus hautes sphères du commandement militaire américain. Lancé en 2022, le satellite russe suit l’orbite de cette zone radioactive. Areg Danagoulian, professeur agrégé de sciences et d’ingénierie nucléaires au MIT, explique sur arxiv l’intérêt que pourrait avoir cette région pour la Fédération de Russie.

“Les Russes ont lancé ce satellite sur une orbite très étrange et inhabituelle, parce qu’elle traverse l’environnement le plus hostile possible autour de la Planète”, explique-t-il. “Personne ne place de satellites là-bas, car c’est une région très radioactive. Pourquoi placerait-on un satellite sur cette orbite ? Eh bien, cet emplacement est probablement le meilleur endroit pour piéger des électrons si l’on voulait faire exploser une arme thermonucléaire.”

Un principe physique très simple pour évaluer la menace

Sur quoi se base le scientifique pour avancer de telles suppositions ? Il explique se baser sur un principe physique selon lequel une arme nucléaire contient nécessairement de l’uranium ou du plutonium, dont les noyaux sont riches en neutrons. Lorsqu’un rayon cosmique énergétique, tel qu’un proton, frappe l’un de ces noyaux, il déclenche un processus appelé spallation, qui en extrait des dizaines de neutrons.

Grâce à un satellite inspecteur équipé de détecteurs et de scintillateurs, l’on serait alors capable de distinguer ces neutrons de ceux naturellement présents dans cette partie de l’extra-atmosphère. Pour détecter cette activité hostile, M. Danagoulian explique que les besoins ne seraient pas démesurés. Un détecteur de la taille d’une grande encyclopédie serait ainsi capable, à moins de 4 km du satellite suspect, d’identifier avec 99 % de précision la nature de ces neutrons en une semaine. A moins d’1 km, il serait capable de le savoir en moins d’une heure…

En faisant exploser une ogive thermonucléaire, les conséquences pour la Terre seraient catastrophiques. L’on subirait alors une perturbation massive des télécommunications et du GPS, et l’internet spatial, comme Starlink, s’en verrait largement désorienté et brouillé.

Starfish Prime, le précédent qui hante les stratèges

La Russie pourrait être tentée d’être le second pays à faire exploser une ogive nucléaire à haute altitude, 64 ans après … les Etats-Unis. Le 9 juillet 1962, John Fitzgerald Kennedy, alors président de la première puissance mondiale, autorise l’envoi d’une ogive thermonucléaire appelée Starfish Prime à 400 kilomètres d’altitude, soit l’altitude actuelle de la Station spatiale internationale.

Nous sommes alors en pleine Guerre froide, et avec cette explosion de 1,4 mégatonnes, les Etats-Unis montrent à l’URSS qu’ils disposent de moyens surdimensionnés face à l’éternel rival. L’effet le plus dévastateur de l’explosion n’était alors pas le souffle, mais le flot d’électrons très énergétiques piégés dans les ceintures de Van Allen. Les quelque dizaines de satellites terrestres alors en orbite seront alors endommagés, voire mis hors service. Les Etats-Unis, eux, voulaient évaluer la possibilité de détruire un escadron de missiles balistiques ennemis en plein vol.

Suite à cet essai, la communauté internationale s’associera pour signer deux textes majeurs. L’un en 1963, qui sera le traité d’interdiction partielle des essais nucléaires (et donc dans l’atmosphère, dans l’espace extra-atmosphère et dans l’eau), et l’autre en 1967, le Traité de l’Espace, qui interdit les armes nucléaires dans l’espace.

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