Le pli central, ce trait qui barre l’écran de chaque smartphone pliable et rappelle en permanence qu’on tient un appareil encore jeune technologiquement, reste le principal défaut que Samsung n’a jamais totalement corrigé en sept générations de Galaxy Z. L’entreprise vient de dévoiler Flex Titanium, une nouvelle architecture d’écran conçue précisément pour s’attaquer à ce problème, une semaine avant son Galaxy Unpacked.
Deux pièces en titane pour résoudre un vieux dilemme mécanique
Le défi technique tenait en une équation difficile à équilibrer. Un écran pliable a besoin d’un matériau assez solide pour encaisser les chocs du quotidien, assez flexible pour supporter des centaines de milliers de pliages sans se fissurer, et assez fin pour ne pas alourdir l’appareil. Samsung a tranché en faveur du titane, un métal que l’entreprise rapproche d’usages autrement plus extrêmes, comme les antennes de satellites ou les roues des rovers martiens.
Concrètement, l’architecture Flex Titanium repose sur deux composants distincts. Le premier est un film en alliage de titane, positionné directement sous la dalle OLED, qui offre une rigidité mécanique 20 fois supérieure à celle d’un film polymère classique tout en ne mesurant qu’un tiers de l’épaisseur d’un cheveu humain, grâce à un procédé de laminage haute précision. Le second est une plaque de titane placée sous cet ensemble, dont la structure permet un assemblage plus étroit avec la dalle, éliminant les bulles d’air entre l’écran et l’adhésif. Kyung-Jin Yoo, vice-président exécutif chez Samsung Display, précise que des micro-perforations sophistiquées ont été pratiquées dans la partie pliable de cette plaque pour concilier flexibilité et résistance, un point technique qui conditionne directement la discrétion du pli une fois l’écran refermé puis rouvert des milliers de fois.
Parallèlement, plusieurs rumeurs concordantes évoquent qu’en parallèle de cette annonce, Samsung pourrait abandonner le titane sur certains éléments externes du châssis de ses prochains Galaxy Z Fold, au profit d’un composite renforcé à base de fibre de carbone. Le titane ne disparaîtrait donc pas de la gamme, il se déplacerait plutôt vers l’endroit où son apport mécanique compte le plus, la structure interne de l’écran, plutôt que vers la coque, choisie historiquement autant pour son aspect premium que pour ses propriétés physiques.
Une bataille technologique de plus en plus disputée
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement concurrentiel. L’arrivée prochaine du tout premier iPhone pliable d’Apple, attendu à la rentrée, ajoute une pression inédite sur Samsung. Les fabricants chinois, Honor, Huawei ou OPPO en tête, ont eux aussi comblé une bonne partie de leur retard technique ces deux dernières années. Rien n’exclut que cette même technologie finisse, à terme, par équiper des appareils d’autres marques, si ces dernières faisaient appel à Samsung Display.
Sur le papier, Flex Titanium coche toutes les cases attendues. Reste la question qui compte vraiment pour un acheteur : ces promesses tiendront-elles une fois l’appareil manipulé au quotidien pendant plusieurs années ? Rendez-vous le 22 juillet pour le savoir.
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