Microsoft et Mistral resserrent encore un peu plus leurs liens. Les deux entreprises ont annoncé un accord à plusieurs milliards de dollars destiné à soutenir le développement d’infrastructures d’intelligence artificielle en Europe. Le montant exact reste confidentiel, mais le partenariat prévoit le déploiement de milliers de puces Nvidia Vera Rubin.
Les modèles de Mistral prennent leurs quartiers chez Microsoft
Mistral compte utiliser ces processeurs pour entraîner ses modèles et les faire fonctionner à grande échelle. Une partie de cette puissance de calcul servira aussi aux clients de Microsoft. Le principe est assez simple : Microsoft gagnera de l’argent lorsque les entreprises passeront par Azure, et Mistral sera rémunéré pour l’utilisation de ses modèles.
« La distribution est reine », résume Arthur Mensch, patron et cofondateur de Mistral. Sur ce terrain, difficile de trouver mieux que Microsoft, dont les outils sont déjà installés dans un nombre considérable d’entreprises. Selon le dirigeant français, les deux tiers des clients de Mistral travaillent d’ailleurs déjà avec le groupe américain.
L’accord ne porte pas seulement sur les centres de données. Medium 3.5 et OCR 4, deux modèles récents de Mistral, rejoignent Microsoft Foundry, la plateforme utilisée pour créer et déployer des applications d’IA. Medium 3.5 sera également proposé dans Copilot Studio, ce qui permettra aux entreprises de concevoir leurs propres assistants automatisés.
Les modèles français pourront aussi fonctionner avec Azure Local, directement dans les infrastructures des clients. Trois configurations sont possibles : dans le cloud de Microsoft, sur une installation locale toujours connectée à Azure, ou sur un système complètement isolé d’internet. Cette dernière formule vise notamment la finance, la santé, l’industrie et les administrations, qui ne peuvent pas toujours envoyer leurs données sensibles dans un cloud public. « Il existe un besoin accru de choix et de contrôle », explique Brad Smith, président de Microsoft.
Les deux partenaires comptent également démarcher ensemble les entreprises, financer des démonstrateurs, distribuer des crédits Azure et organiser des ateliers. Microsoft fournit donc à Mistral bien plus que des serveurs : le groupe lui ouvre aussi son carnet d’adresses.
Microsoft et Mistral présentent leur accord comme une contribution à la « souveraineté numérique » européenne, ce qui est un concept intéressant quand un des partenaires n’est pas européen. Les clients pourront utiliser des modèles développés en France plutôt que de dépendre uniquement d’OpenAI, d’Anthropic ou d’autres fournisseurs américains.
L’indépendance reste néanmoins relative. Mistral s’appuie sur Microsoft pour commercialiser ses modèles et financer ses infrastructures, tandis que les puces viennent de Nvidia. Les entreprises pourront toutefois conserver leurs données sur leurs propres installations et utiliser les modèles sans connexion au cloud.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.