Longtemps, les masturbateurs se sont contentés d’une ambition modeste, à savoir imiter des orifices en tous genres. Depuis, le marché a considérablement évolué. Comme chez les stimulateurs clitoridiens, les sextoys pour pénis ont gagné en design et en ambition, en même temps qu’ils perdaient en réalisme. Sur ce terrain, Arcwave, la petite sœur de Womanizer et We-Vibe a rapidement tiré son épingle du jeu. Non seulement parce que la marque était l’une des premières à investir le marché, mais aussi parce qu’elle profitait de toute la force et la technologie embarquée du groupe Lovehoney. Un peu plus tôt cette année, Arcwave a étoffé son catalogue avec deux nouveaux masturbateurs, et un argumentaire assumée : il n’est plus question de reproduire un rapport sexuel, mais bien de fabriquer de nouvelles sensations.

Design et ergonomie : toujours plus gros
Le modèle phare de cette nouvelle salve de produit pèse 1,89 kg pour 29 cm de long. Un sacré bestiau, qui ne passera pas inaperçu sur une table de chevet, mais dont la fiche technique a de quoi faire rêver. À 189 €, l’objet cumule deux mouvements motorisés : un va-et-vient et une rotation circulaire. Un véritable vaisseau de guerre, pilotable directement depuis son écran couleur.

À l’intérieur de l’appareil, on retrouve un manchon en silicone CleanTech breveté par la marque, assorti d’un système quick-release pour le démonter et le nettoyer en quelques secondes. Force est d’admettre que la marque a fait des efforts sur la qualité de son silicone, trop collant et élastique à notre goût sur les modèles précédents. Celui du Thruster reste souple, mais plus doux et agréable au toucher que ses prédécesseurs, ce qui ne vous dispensera pas d’une bonne dose de lubrifiant lors de l’utilisation. L’intérieur de la gaine est texturé, parfait pour maximiser les sensations.

L’Orbit, la rotation à moindre coût
Arcwave n’a pas lancé le Thruster seul. Il arrive avec un petit frère, l’Orbit, affiché à 139 €, et une fiche technique beaucoup moins fournie. Pensé comme un produit complémentaire, l’Orbit abandonne le va-et-vient et l’écran couleur pour miser uniquement sur la rotation, censée créer une sensation de torsion le long du pénis. Ses commandes sont sensibles à la pression, pour ajuster vitesse et intensité en direct, et il conserve la connexion à l’application Koosync.
Performance : la surenchère technologique ?
Sur le papier, le Thruster coche à peu près toutes les cases. Les deux moteurs fonctionnent ensemble ou indépendamment, avec trois modes de pilotage : manuel, intense et autopilot, qui enchaîne les patterns sans intervention. L’appareil se recharge en USB-C, annonce jusqu’à 45 minutes d’autonomie à pleine puissance, et promet une vitesse qui en impressionnera plus d’un, avec 150 tours et 200 va-et-vient par minutes. L’appareil s’offre aussi l’avantage d’être plutôt généreux en termes de volume utile (un moindre mal vu ses dimensions extérieures). La profondeur de stimulation plafonne à 12,2 cm, pour un diamètre maximal d’environ 4. De quoi suffire à la plupart des morphologies, puisque la machine n’a pas forcément vocation à englober l’entièreté du pénis.
Dans sa communication, le Thruster joue à fond la carte de la révolution technologique, et c’est en partie vrai : c’est la première fois qu’Arcwave va aussi loin sur le marché de la sextech. La compatibilité avec l’application (on y reviendra) est un réel avantage à l’usage, et le double moteur ne fait pas dans la dentelle. Reste que cette technologie est aussi à recontextualiser par rapport à la concurrence. Les 200 coups par minute présentés comme un argument choc, le placent en réalité derrière une bonne partie de la concurrence : le Keon de Kiiroo monte à 230, le Solace Pro de Lovense en revendique 300.

Là où l’appareil se distingue en revanche, c’est sur le second axe de rotation. La combinaison des deux mouvements vient effectivement apporter une dimension nouvelle à l’expérience. À la main ou fixé sur un support, le sextoy réussit l’exploit de toujours nous surprendre. Au point qu’en mode autopilot, il devient impossible d’anticiper le moindre mouvement. À l’usage, la sensation est effectivement inédite. Attention toutefois, le Thruster reste plutôt bruyant, et il vous faudra un bon tube de lubrifiant si vous voulez éviter de transformer votre pénis en allumette. Aussi, le bloc moteur n’est pas étanche : seul le manchon en silicone détachable peut être passé sous l’eau. N’espérez donc pas l’utiliser dans la baignoire ou un nettoyage à grandes eaux.

Connectivité, Arcwave fait fort
L’autre argument (et pas des moindres) se situe directement sur notre smartphone. Via l’application Koosync, le Thruster s’offre une dimension nouvelle. Plutôt que de tenter une énième application maison pour augmenter les capacité de son jouet, Arcwave préfère miser sur un développeur rompu à l’exercice. Depuis l’application, il est ainsi possible de contrôler le sextoy à distance (en couple, ou via un système de livechat pour les créateurs et les créatrices de contenu), mais aussi de jouer à des jeux en utilisant le masturbateur, mais on peut surtout accéder à un catalogue de vidéo interactives, où les mouvements du sextoy sont synchronisés sur ceux des acteurs et des actrices. La bonne nouvelle, c’est qu’il y en a pour tous les goûts, y compris du côté de la pornographie éthique avec la plateforme d’Erika Lust.
Encore une fois, l’idée n’est pas nouvelle. Svakom le fait depuis des années, avec la même application Koosync. Pour autant, c’est une véritable réussite, tant sur la forme que sur le fond. Le catalogue n’est certes, pas aussi riche que sur les tubes, mais il a l’avantage de proposer des options qualitatives qui respectent le travail des travailleurs et des travailleuses du sexe.
Prix et disponibilité
Le Thruster est proposé à 189 € sur le site de la marque et chez les revendeurs tiers. Un prix qui vient talonner le Womanizer Premium 2, et confirme les ambitions d’Arcwave de populariser une nouvelle référence sur le marché des masturbateurs.





