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MayDay : pourquoi ce film d’action avec Ryan Reynolds est trèèès frustrant ?

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Ce vendredi 4 septembre, Apple TV donne dans l’action et la nostalgie avec un buddy movie tout droit sorti des années 80. Les réalisateurs de Donjons et Dragons s’en sortent plutôt bien… mais on ne peut pas s’empêcher d’être frustrés.

Apple TV réunit Ryan Reynolds et Kenneth Branagh devant la caméra de Jonathan Goldstein et John Francis Daley. Deux réalisateurs qu’on aime beaucoup au Journal du Geek, surtout depuis l’injuste bide de leur Donjons et Dragons en 2023. Ici, pas question de réunir de valeureux chevaliers et aventuriers dans un univers de fantasy, les cinéastes donnent dans le buddy-movie option guerre froide.

La mission de reconnaissance du lieutenant Troy Brennan au-dessus du bloc soviétique tourne mal. Son avion est abattu et il n’a d’autre choix que d’atterrir en urgence sur le territoire russe. Évanoui après sa chute, il découvre à son réveil Nikolai Ustinov, un adorable citoyen russe qui a une passion pour Top Gun, McDonald’s… et les États-Unis. Ces deux personnages que tout oppose vont devoir collaborer pour atteindre la frontière. Mais rapidement, Nik fait la démonstration d’aptitudes insoupçonnées. Serait-il plus que ce qu’il dit ?

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© Apple TV

C’est pas mal du tout !

Qu’on se le dise tout de suite, le buddy-movie c’est notre dada. Qu’il s’agisse de L’Arme fatale, de Hot Fuzz ou plus récemment The Nice Guys, on voue une passion pour ces duos réunis par la force des choses. Les réalisateurs et scénaristes de MayDay doivent partager cette passion pour les couples mal assortis, puisqu’ils livrent une aventure réjouissante dans l’hiver glacial de la Russie.

L’alchimie entre Kenneth Branagh et la caméra est évidente, l’acteur britannique ne semble jamais s’amuser autant que lorsqu’il donne dans l’accent à couper au couteau. Même s’il faut avouer que son Hercule Poirot nous avait laissé de marbre, son espion rangé des bagnoles a beaucoup plus de mordant.

Mayday Avis 2
© Apple TV

Il est de toute évidence le cœur battant du récit, oscillant entre purs moments de comédie et séquences plus dramatiques. Le récit lui donne plusieurs fois l’occasion de briller dans ces registres, comme lorsqu’il joue avec son compère l’amant dans le placard ou qu’il a l’occasion de faire un remake de Misery. Le monsieur s’amuse, surtout durant les scènes d’action, et forcément nous aussi.

Ryan Reynolds… fait du Ryan Reynolds

À dire vrai, si le duo fonctionne plutôt bien, on commence à sentir une certaine lassitude face au jeu monocorde de Reynolds. L’acteur canadien n’arrive plus à faire exister ses personnages. Ils sont irrémédiablement effacés derrière sa propension au surjeu, son amour pour les gimmicks et les punchlines.

On pardonne pour Deadpool, car il s’est rendu indissociable de Wade Wilson, mais ce petit jeu commence à être lassant. Ryan Reynolds ne joue plus vraiment des personnages, mais une variation de sa propre personnalité. Alors forcément, face à un Kenneth Branagh qui parvient à se faire oublier, on ne peut s’empêcher de relever la dissonance.

Les clichés ont la peau dure

Pour tout ce que le film a de rafraîchissant, comme ses chorégraphies et ses idées de mise en scène, il l’accompagne d’autant de clichés. La comédie d’action empile les poncifs du genre sans jamais les interroger. On pensait en avoir terminé avec le soft power américain, MayDay en rajoute une couche. Un manque criant de subtilité dans sa manière de vanter les mérites des États-Unis qui sauvent encore la mise en dernière minute. La nostalgie d’accord, mais là, c’est trop pour son propre bien.

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© Apple TV

Comment termine-t-on un film sur un Russe qui veut son “American Dream”? Chez tonton Ronald avec un burger dégoulinant et “Dancing in the dark” de Bruce Springsteen en fond musical.

C’est d’autant plus dommage que le film parvient tout de même à déconstruire certains archétypes du cinéma d’action, à l’image du personnage de Nik qui s’écarte de l’espion du KGB lambda pour se réinventer père de famille dépassé. Une scène, avec sa fille, constitue d’ailleurs l’une des réussites du projet. L’action dans les années 80 rimait avec masculinité à outrance, MayDay a au moins le bon goût de s’affranchir de ces mécaniques.

Dommage que cette idée soit balayée aussi rapidement qu’elle est apparue, il faut laisser à Reynolds le temps de balancer ses répliques comiques visiblement. MayDay aurait eu tout à gagner à s’attarder sur ce qui fait des films qu’il s’amuse à émuler des œuvres d’un autre temps.

Ça aurait cartonné sur Netflix

Si Apple TV essaie de s’installer sur le créneau de l’action, force est d’admettre que toutes ses tentatives n’ont pas été couronnées de succès. On se souvient de l’effroyable Argylle de Matthew Vaughn (Kingsman) ou encore de Ghosted avec Ana de Armas et Chris Evans. Deux productions au mieux boudées par les spectateurs… à raison. Ici, ce n’est pas la qualité de MayDay qui l’empêchera de s’installer parmi les productions les plus vues du moment : c’est sa plateforme.

La pomme peine encore à s’installer durablement sur le créneau de la SVOD, face à une concurrence plus prolifique. Pourtant, des sorties comme MayDay sont le rappel que même lorsqu’elle ne convainc pas tout à fait, Apple TV est la seule à prendre ses produits du genre vraiment au sérieux. Quand on voit tous les films d’action médiocres qui investissent le catalogue de Prime Video ou Netflix, on serait tenté de dire qu’il est temps que le public aussi prenne Apple TV au sérieux.

MayDay est un bon divertissement imparfait, avec un excellent Kenneth Branagh, un Reynolds devenu prévisible et un vrai potentiel gâché par ses clichés. Face à ce que le genre nous offre dernièrement, il s’en sort finalement plutôt bien. Pas besoin d’envoyer des signaux de détresse, on se laisse porter.

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