L’équipe de l’Université de l’aviation civile de Chine et de l’Université Tsinghua a testé son système sur une maquette équipée d’un récepteur placé sous une aile. Celui-ci a converti l’énergie du faisceau en électricité, suffisamment pour faire tourner les hélices. Les résultats ont été publiés le 29 juillet dans la revue Matter & Light.
Un bon rendement, beaucoup de chaleur
Les scientifiques assurent avoir pensé leur dispositif comme un véritable équipement aéronautique, et pas seulement comme une cellule efficace dans des conditions idéales de laboratoire. « Nous voulions réfléchir à la manière dont le système pourrait réellement être intégré dans un appareil, refroidi pendant son fonctionnement et rendu compatible avec le vol », explique Jianhua Han, coauteur principal de l’étude.
Le récepteur combine une cellule laser en pérovskite et un module thermoélectrique. Ce matériau, déjà très étudié pour les panneaux solaires, est apprécié pour sa capacité à absorber différentes longueurs d’onde. Éclairé par un laser vert, le prototype a converti 38,49 % de la lumière en électricité. Un rendement élevé, même si la comparaison avec des cellules photovoltaïques classiques reste imparfaite : un faisceau laser soigneusement dirigé n’a pas grand-chose à voir avec une journée nuageuse.
Les premiers essais ont aussi fait apparaître un problème assez gênant. Le récepteur atteignait entre 80 et 90 °C. À cette température, l’efficacité baisse et l’intégration sur un petit drone devient nettement moins séduisante. Pour calmer le jeu, les chercheurs ont ajouté des nanocristaux de triséléniure d’antimoine, qui agissent comme une barrière thermique. Le courant d’air généré par les hélices participe lui aussi au refroidissement. Pour une fois, le bruit du drone sert donc à quelque chose.
Un tel système pourrait prolonger les missions d’inspection des forêts, de surveillance de catastrophes, de livraison ou de reconnaissance. En théorie, un drone correctement alimenté pourrait rester en vol sans devoir revenir fréquemment changer de batterie.
En pratique, il reste un détail important : le laser doit viser précisément le récepteur pendant que l’appareil bouge, tourne et subit le vent. Les chercheurs doivent donc encore mettre au point un suivi en temps réel suffisamment précis et tester leur technologie sur un véritable drone léger, en extérieur.
Les applications militaires ne sont jamais très loin de ce type de travaux. En juin 2025, l’agence américaine DARPA avait déjà transmis 800 watts par laser sur 8,6 kilomètres. Des entreprises américaines étudient également l’alimentation de drones à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Le vol sans fin n’est donc pas pour demain, mais ce prototype montre que la recharge laser commence à quitter les laboratoires pour affronter des problèmes plus concrets.
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