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La France envoie une «ISS du pôle Nord» dans l’Arctique pour étudier la fonte des glaces et la vie marine

La France a lancé ce 27 juillet la Tara Polar Station, pendant un an elle va suivre la vie marine au plus près, se laissant porter par le courant.

Ce 19 juillet c’est depuis le port de Lorient que la Tara Polar Station a quitté la France. Longue de 26 mètres pour 16 de large, elle a été conçue pour résister à des conditions extrêmes. Sa coque en aluminium devrait notamment lui permettre de résister au froid polaire.

Cette «ISS du Pôle Nord» va volontairement s’emprisonner dans les glaces l’hiver prochain, au coeur de l’Arctique, avant de dériver à l’été lors de la fonte. Pendant cette mission qui devrait durer plus d’un an, la station sera auto-suffisante.

Ses concepteurs expliquent avoir mis en place un système de production d’énergie «décarboné» en utilisant un carburant biosourcé issu du recyclage des huiles de cuisson alimentaire. En somme, l’huile de votre friteuse servira peut-être à faire fonctionner cette immense station.

Pour l’arrivée d’énergie électrique, de nombreux panneaux solaires ont été installés sur la station ainsi qu’une éolienne. Habitée durant toute la durée de la mission, la station compte 12 membres d’équipage, 5 marins, 6 scientifiques et 1 correspondant de bord).

Tous jouent un rôle très précis dans le bon fonctionnement de la station au jour le jour, mais aussi dans la réussite des nombreuses expériences scientifiques qui seront menées à bord. Au total 5 laboratoires ont été construits sur la station pour mener des expériences diverses et variées.

Tout sauf un one shot

La fondation Tara, à l’origine de ce projet, défend l’idée que la station ne servira pas au cours de cette première mission. Aussi impressionnante soit-elle, cette première mise à l’eau ne devrait pas être la dernière. La fondation espère en effet pouvoir mener des missions de façon interrompus pendant les vingt prochaines années.

Sans être une première historique, d’autres missions comme Mosaic en 2020 avaient déjà observé la vie marine Arctique de très près, la Tara Polar Station sera unique par la longévité et sa capacité, d’ici quelques années à comparer ses données récoltées d’une mission sur l’autre.

Cette présence interrompue dans les eaux glaciales de l’Arctique lui vaut cette comparaison avec l’ISS, la station spatiale internationale. À l’instar de sa cousine en orbite autour de la Terre, la Tara Polar Station pourrait faire avancer la science dans une multitude de domaines.

La recherche et la compréhension du vivant ainsi que des changements climatiques en cours évidemment, mais les environnements très froids de l’Arctique pourraient intéresser d’autres corps scientifiques, de l’étude des mutations génétiques à la bactériologie en passant par d’autres sciences humaines, étudiant un petit groupe de scientifiques, isolé du monde et vivant en autarcie totale.

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